Dernière mise à jour :2008-10-15

arts et culture

Jules Verne est né à Nantes le 8 février 1828, d’un père magistrat et d’une mère issue d’une famille aisée qui comptait des navigateurs et des armateurs. Se destinant à prendre la succession de son père, Jules Verne étudia le droit, au point de soutenir une thèse… Néanmoins, durant cette période, il commença l’écriture de nombreux récits, dont le contenu préfigure déjà les futurs Voyages Extraordinaires. C’est en fait grâce à la rencontre d’un célèbre éditeur, Hetzel, que Jules Verne devient célèbre, notamment après la publication en 1862 – 1863 du fameux Cinq semaines en ballon. Ce dernier constitua le début d’une longue lignée de romans, qui prendra fin en 1905 après la mort de l’auteur. Or, outre les quatre-vingts romans qu’il a publiés, Jules Verne est aussi l’auteur d’une Géographie illustrée de la France et de ses colonies (1868) et d’une Histoire des grands voyages et des grands voyageurs (1878). Partant de là, il n’est pas étonnant de retrouver constamment les dimensions de l’espace et du temps dans ses différents romans, auxquelles il faut ajouter une capacité d’imagination et d’anticipation très importante, mais tout aussi surprenante.

Photographie de Jules Verne

L’œuvre et la volonté de Jules Verne se résument parfaitement dans cette citation de 1893 :
« Mon but a été de dépeindre la Terre, et pas seulement la Terre, mais l’univers,
car j’ai quelquefois transporté mes lecteurs loin de la Terre dans mes romans. »

Aux dimensions de l’espace et du temps (ainsi que celles de l’anticipation et de l’imagination) développées par l’auteur, s’ajoute une connaissance approfondie des progrès scientifiques et techniques de cette deuxième moitié du 19° siècle, ainsi que l’emploi d’un vocabulaire rigoureux, précis et adapté. Extrapolant dans l’espace et dans le temps les possibilités offertes par la science et la technique de son époque, Jules Verne nous offre ainsi des romans aux scénarii mélangeant la science-fiction et le réalisme. De même, le souci permanent de donner des faits précis et exacts, dans la mesure du possible, permet à l’auteur de ne pas sombrer dans la rêverie et l’illusion les plus totales, mais au contraire de plonger le lecteur dans des voyages dont la possibilité et la finalité ne font finalement plus de doutes… Néanmoins, l’auteur fait parfois preuve d’un manque de cohérence et de crédibilité dans certains de ses développements. Cette remarque doit cependant être relativisée par le fait que nous avons un regard a posteriori des romans de l’auteur : en effet, un siècle environ nous sépare de l’auteur et de son œuvre, et il est tout aussi difficile de faire un bond d’un siècle en arrière qu’un bond d’un siècle en avant...

De même, les rapports entre l’homme, la société et l’espace constituent une des pierres angulaires de l’œuvre de Jules Verne. Le souci permanent de situer les faits dans l’espace et dans le temps confère à ses nombreux récits une dimension rationnelle dans un univers qui ne l’est pas toujours. L’habileté de l’auteur réside ainsi dans sa capacité à mélanger ce qui est antinomique (le réel et la science-fiction par exemple), tout en ayant soin de décrire parfois le monde en détail, narrant une situation (ou un voyage) qui a tout lieu de s’être réellement produit.

Photographie de Jules Verne

L’œuvre de Jules Verne associe ainsi les dimensions de l’espace et du temps aux progrès scientifiques et techniques (ce qui permet les voyages et les découvertes). De plus, ce dernier fait preuve aussi d’une formidable imagination, ce qui renforce le caractère fantastique de ses récits. Cette capacité d’extrapolation (dans l’espace et dans le temps) est ainsi à l’origine des Voyages Extraordinaires.

Voyage au centre de la terre (1864) : un voyage doublement imaginaire.

De la terre à la lune (1865) : anticipation, extrapolation ou coïncidence… ?

De la terre à la lune (1865) est l’archétype de l’œuvre d’anticipation. Pour autant, et malgré cette affirmation, Jules Verne a-t-il réellement fait preuve d’anticipation, d’extrapolation, ou est-ce son imagination qui a été rattrapée un siècle plus tard par la réalité ? Le sous-titre, quant à lui, n’en est pas moins tout aussi intéressant : « Trajet direct en 97 heures 20 minutes... ». La description des préparatifs et de la mise en place du projet constitue ici l’essentiel du roman, le voyage ne représentant que quelques pages. L’utilisation et la restitution précise des dernières connaissances en matière de balistique permettent à l’auteur de donner beaucoup de réalisme au projet, même si les dimensions démesurées du canon semblent parfois difficiles à accepter, bien que l’action se déroule aux U.S.A., le pays, où déjà à l’époque, tout est possible. La référence à l’habitat est centrale ici aussi, puisqu’il s’agit de projeter des hommes de la terre à la lune, afin que ces derniers puissent coloniser le satellite naturel de la terre et y vivre. Or, le postulat de départ, et qui est celui des scientifiques de l’époque considérée, est que la lune est habitée (par les Sélénites). La seule difficulté, a priori, consiste à acheminer correctement les hommes vers leur destination, la possibilité de s’établir sans aucune difficulté sur la lune étant communément admise. Une fois encore, Jules Verne extrapole, mais anticipe aussi, les possibilités des inventions de la fin du 19° siècle.

Suivant les principes de la balistique, les scientifiques du roman sont persuadés que le seul moyen d’aller sur la lune est d’envoyer un énorme projectile, à l’image des boulets de canon et autres balles de fusils!

Le tour du monde en 80 jours (1873) : un voyage aux nombreuses facettes.

Vingt mille lieues sous les mers (1869) : une métaphore écologique.

Vingt mille lieues sous les mers est sûrement le roman le plus lu et le plus connu de Jules Verne. Tel Le tour du monde en 80 jours, Jules Verne nous propose là un tour du monde sous-marin, comme le souligne parfaitement le sous-titre du roman. Aussi mystérieux que son navire (sous-marin), le capitaine Nemo emmène ses hôtes-prisonniers dans les quatre coins du globe, foulant parfois pour la première fois des sols vierges de toute présence humaine depuis l’origine des temps. Ce capitaine Nemo est vraiment mystérieux, et sa machine préfigure de 10 ans les premiers sous-marins construits par les hommes, ces hommes que le capitaine déteste tant et dont on connaît la raison à la fin de l’Ile mystérieuse (1873 – 1874).

Cette île est aussi mystérieuse par ce qui s’y passe que par les formes que l’auteur lui a données et qui rappelle dans un sens une pieuvre (un poulpe) ou la trompe d’un éléphant, et dans l’autre un monstre préhistorique dont la tête sort de l’eau : décidément, Jules Verne a de la suite dans les idées, non?

Le Château des Carpathes (1892) : un récit à mi-chemin entre science et fantastique.

Les illustrations des romans de Jules Verne : entre imaginaire et réalité.

   

Dans Voyage au centre de la terre, Jules Verne a essayé autant que possible de décrire des paysages (terrestres) correspondants à la réalité, comme en témoignent ces 6 photographies comparatives (roman – réalité). Les illustrations des romans de Jules Verne complètent ainsi parfaitement les textes auxquels elles se rattachent, dépassant même parfois l’écriture. Dans la première illustration (Le château des Carpathes), il est intéressant de noter cet homme, une faux dans la main droite : telle est l’allégorie de la mort, cette mort qui plane au-dessus des habitants du village, comme le souligne la deuxième illustration…

Les inventions de Jules Verne : science, technique et imaginaire.

Dans Robur le Conquérant (1885), Jules Verne invente un engin volant « plus lourd que l’air ». Il s’agit d’une sorte de navire-ballon mû par des hélices (le moteur est électrique, comme dans Vingt mille lieues sous les mers), ce qui lui permet de voyager plus loin. Préfigurant l’aéronautique et les premiers vols en hélicoptères, Jules Verne décrit dans ce roman le rêve d’Icare, celui de voler…

Dans Vingt mille lieues sous les mers (1869), le nautilus fonctionne grâce à l’électricité qui est pour Jules Verne « l’âme du monde ». Ce dernier pousse les détails jusqu’à y mettre, dans la salle des machines, des robinets sortant de gueules de lion, détails surréalistes sûrement issus de l’imagination de l’illustrateur, Neuville… Pourtant le fonctionnement d’ensemble du nautilus obéit à des mécanismes tout à fait plausibles pour l’époque, si ce n’est le caractère démesuré du sous-marin!

Dans De la terre à la lune (1865), c’est l’idée d’aller sur la lune qui motive la réalisation d’un tel engin, un projectile cylindro-conique. Ce projectile est vide à l’intérieur, ce qui permet d’aménager un espace pour vivre, notamment pour les trois passagers, dont l’un Michel Ardan, est un français. Or, l’anagramme d’ ARDAN donne NADAR, qui n’est autre que le nom du célèbre photographe et aéronaute français, un grand ami de Jules Verne…

Auteur : Lionel Dupuy

Copie autorisée

Version originale : http://perso.wanadoo.fr/jules-verne/CIEH.htm

Date de mise en ligne : 2003-10-14

je suis fascinée

Je trouve ces mondes fascinants, tous autan qu'ils sont !! Tes articles sont très bien faits , BRAVO !! ET si Jules Verne avait raison ? ET si le centre de la terre n'était pas une boule de feu ?POur moi l'hypothèse de la boule de feu qui réside au centre de notre terre à plutot été inventée pour dissuader les curieux, c'est une théorie fumeuse dont personne n'a la preuve mais que tout le monde croi aveuglément!! Tes articles sont très interessants !! Merci encore !

2008-08-29 00:00:00

Jules Verne

c nul

2008-06-10 00:00:00