Dernière mise à jour :2008-07-24

arts et culture

page couverture

© Les noms et personnages de ce roman sont fictifs.

Rencontre nocturne

« Il est bien de connaître les faiblesses de son ennemi, mais connaître les limites de sa propre force peut vous sauver la vie. »

Banoii Fadjaikhan, sorcier

Les bruits venaient de derrière lui. ça ressemblait à des cris d’hommes pris de panique. Lâchant son reste d’os de cheval, qui lui servait de monture depuis plus de 30 jours, il saisit son immense claymore* et scruta l’obscurité sournoise de la forêt d’Ishm. Pendant plusieurs minutes, il n’observait rien qui puisse surgir de ces bois, tandis que ses yeux violets s’efforçaient de capter le maximum de lumière possible, lui donnant ainsi une visibilité presque identique à celle du jour. Un instant il se demanda s’il n’avait pas imaginé ces cris, peut-être n’était-ce seulement que le vent faisant vibrer les feuilles, pourtant ses oreilles ne le trompent pratiquement jamais tenant compte des situations où il a exagéré sur le vin. Il examina une dernière fois, espérant presque, mais ne vit rien d’intéressant si ce n’est que les brindilles et les feuilles qui dansaient au vent. À peine avait-il repris sa dégustation qu’une ombre passa si près de lui qu’il faillit perdre son repas. Bargos se leva d’un bond, s’étouffant de sa dernière bouchée, lança le morceau de cuisse en direction de la silhouette et l’atteignit de plein fouet le faisant trébucher et mordre la poussière. Se retournant, la frayeur dans les yeux, l’inconnu sentit la lame de l’épée, que Bargos tenait, peser sur sa gorge.

- T’as un problème petit homme ? Cracha Bargos. Tu as interrompu mon repas, je te souhaite d’avoir une très bonne raison si tu ne veux pas me servir de dessert ! Sa voix était toute aussi lourde que cassé d’un accent nordique. Bargos devait dépasser d’au moins trois têtes un homme normal et de sa stature imposante, il ne portait qu’un pagne ainsi qu’une ceinture croisée sur son torse colossal. Le plus effrayant était probablement ses yeux de couleur violet et ses pupilles blanches lui donnaient un regard glacial et hargneux.

- Elles nous poursuivent, elles mangent les hommes, vite cours, cours ! La panique étouffait les mots de l’étranger, il semblait mentalement dérouté.

À cet instant, le colosse entendit un bruit derrière lui puis l’épouvante le gagna lorsque, en se retournant, il vit un spectacle d’horreur. Un autre homme détalait comme une proie, tandis qu’un autre venait de se faire capturer par une chose d’outre-tombe. Cette créature squelettique, de la hauteur d’un homme semblant être dépourvue de chair et aux mains dotées de griffes acérées, était en pleine dégustation du cœur fraîchement extirpé du cadavre encore chaud. Bientôt, une autre créature apparût et entreprit de dévorer la main ne laissant ni ossements ni ongles, tout semblait être comestible pour ces monstres. L’homme finit par rejoindre le duo mais passa à toute allure et continua sa course désespérée dans les ténèbres de la forêt ne se souciant aucunement des deux autres comparses. Derrière lui, dans la pénombre qui semblait s’agiter sous le nombre incalculable de ces choses qui en sortait, il vit des dizaines de paires de yeux rouges qui s’approchaient rapidement. Sa claymore fendit le crâne du monstre qui fondait sur lui en le tuant sur le coup, il esquiva une première attaque riposta et trancha une main squelettique puis soudain, il sentit un frisson parcourir sa jambe droite quand des griffes lui lacérèrent le mollet. Le colosse frappa quasi aveuglément et fracassa la colonne vertébrale de l'agresseur qui n’eut que quelques spasmes avant de mourir. Ne désirant pas être le prochain repas de ces viles créatures, Bargos se mit courir en direction des hommes et, avec ses enjambées de géants, finit par rattraper et même dépasser les fuyards. Après avoir courus un certain moment, ils atteignirent une plaine qui s’étendait à des kilomètres devant eux et une chaîne de montagne formait une demi-lune semblant protéger cette étendue de ses bras titanesques. Bargos, grâce à sa vue nocturne, repéra une ferme à leur droite. Sans hésitation, les trois acolytes investirent leurs dernières forces pour s’y rendre, dans l’espoir qu’on leur offrira un gîte pour la nuit et ainsi échapper aux abominations qui les poursuivaient.

Aucune lueur ne laissait paraître la ferme occupée, pas de fumée sortant de la cheminée, la bâtisse avait l’air abandonnée. Le trio s’approcha de la porte en bois massif, seule issue donnant accès à la résidence, qui était en état de décomposition mais demeurait assez solide pour résister un instant à la pression effectué par Bargos mais réussit malgré tout à forcer l’entrée. En refermant la porte, ils jetèrent un dernier coup d’œil à l’extérieur, leur sang se figea dans les veines, des centaines de paires de yeux rouges approchèrent de leur refuge. Ils arrivaient en lâchant leurs sifflements et leurs cris rauques tout aussi effroyable que leurs visages sans expression. Malgré la désolation et l’amas de poussière, la ferme était en bon état. Une vielle table et quatre chaises emplissaient la cuisine, à l’extrémité droite se trouvait un foyer et un escalier qui mène au deuxième étage, tandis qu’à leur gauche seuls un buffet et une porte donnant accès une chambre faisait partis du décor.

Ils allumèrent un feu et réfléchirent à un stratagème qui pourrait les sortir de ce trou à rat avant que les créatures ne viennent se frotter les griffes contre les murs.

- Par tous les dieux ! Commença Togaris. Quelqu’un pourrait me dire de quel enfer sortent ces monstres ? Avec sa barbe et ses longs cheveux bouclés, Togaris attira l’attention de Bargos. D’une forte stature, il portait une armure à plaques sur lequel était gavé le symbole de son dieu Faudrus. À son côté, il exhibait un énorme marteau de guerre et une croix en bronze. Son calme habituel était aujourd’hui trahi par les gouttes de sueurs qui perlaient sur son front.

Le géant fut le premier à réagir aux interrogations de Togaris.

- Jamais de mon existence je n’ai vu telle abominations, lança-t-il. Même assis, Bargos les yeux, dépassait d’au moins deux têtes les hommes qui l’observaient.

Le dernier était le plus petit et le plus nerveux. Une cape recouvrait ses épaules et deux dagues étaient insérées entre sa ceinture et ses vêtements sales et usés. Un bâton aux extrémités décorées par des demi sphères d’argent était, à première vue, tout ce qu’il possédait. Ce dernier prit la parole d’une voix nerveuse et s’adressa à Bargos.

- En tous les cas, nous étions dix compagnons d’armes en route pour Rive Bleue, quand nous avons décidé de couper à travers la forêt d’Ishm. Que Magcos me garde ! Pendant notre campement, ces apparitions nous sont tombés dessus et avant qu’on ait pu réagir, ils avaient déjà dévorés cinq d’entres nous. Le plus horrible est que ces monstres ne semblent pas souffrir des blessures que nous leurs infligions. Sans oublier leurs griffes qui glacent le sang, tellement que, certains des hommes du groupe devenaient incapables d’effectuer les moindres gestes, si bien qu’ils furent dévorés vivant sans pouvoir réagir. C’est à ce moment, lors de la fuite, que nous t’avons rencontré, Bargos les yeux, et nous voici ici captif moi Ishtar Mainsfloue et mon compagnon d’arme Togaris Femetros, sommes les seuls survivant de la compagnie des Poing trempés, mercenaires de Captoris, royaume d’Oriteph. Et toi, géant, que flânait-tu dans ces bois damnés à des lieux de toute civilisation ?

Bargos se leva, s’appuya sur la table et lâchât :

- Ne m’appelle plus « géant » ! Je suis loin de faire parti de cette race minable et infecte que tout le monde méprise. Je suis de ceux qui maintiennent les forces et l’équilibre de la nature, j’ai été engendré des êtres supérieurs de ce bas monde, au même titre que les légendaires dragons, si toute fois ils existent. Bargos se rapprochât à un point tel que Ishtar pouvait voir les morceaux de nourritures coincées entre ses dents. Bargos continua. Seuls les humains sont dignes de me côtoyer par mis toutes les races minables qui existent, mais je change très vite d’idée car il est vrai que la chair humaine peut-être délicieuse, mais moi je la préfère cuite. Il se retourna et s’approcha de la fenêtre pour évaluer la situation, laissant les deux hommes sidérés et incertains. Togaris lança un regard à son compagnon et éclata d’un rire sourd.

- Tu peux bien rire espèce de gorille, mais ne compte plus sur moi pour te sauver la vie. Ishtar était visiblement offensé.

- Les voilà ! Tous se tournèrent vers la fenêtre devant laquelle se tenait Bargos. Ils sont peut-être démoniaques mais vraiment stupides. Ils ne réussiront pas à entrer ici, on peut donc dormir un peut avant d’amorcer une attaque.

- Dormir ? Comment veux-tu que je dorme avec tous ces cris, râlements et grincements de griffes sur les murs ? S’exclama Ishtar.

- Calme toi, s’enquit Togaris, Bargos a raison, il faut se reposer, je tombe de fatigue et une bonne nuit me remettra l’esprit bien en place.

Les gémissements étaient réellement glaciales mais ce n’était pas ce qui dérangeait le plus Ishtar, le ronflement qui sortait de la bouche du géant était pire encore.

- La chair humaine ! Marmonna-t-il, ces paroles revenaient sans cesse dans sa tête mais il fallait être prudent, il ne tenterait pas d’occire le colosse, du moins pas cette nuit...

La nuit fût agitée, tantôt une planche cédait sous la pression des mains fourchues, tantôt un cri perçant et pétrifiant faisait sursauter les dormeurs. Ishtar profita des cette solitude pour réviser quelques sortilèges de son répertoire, cela le calmait un peu, il réussissait ainsi à oublier ces choses qui le tourmentaient. Il s’aperçût soudainement, sortant la tête de son livre, qu’il n’entendait plus rien l’extérieur, plus de cris, le calme plat...

S’approchant de l’une des fenêtres, il risqua un bref regard à l’extérieur ; rien, pas le moindre mouvement, pas l’ombre d’une silhouette squelettique, aucun sifflement rauque ils avaient disparus. C’est à ce moment qu’il contempla le magnifique levé de soleil, qui brillait et étendait un voile orangé sur la plaine et les montagnes.

- Debout fainéants ! Ishtar frappait dans ses mains à l’attention de Bargos et Togaris qui dormaient à poings fermés. On devrait quitter cet endroit maudit avant de se faire à nouveau assaillir par d’autres monstres immondes.

- Où sont passées ces bestioles ? Ne me dis pas que tu les as toutes anéantis avec tes petits tours de passe-passe, dit Togaris.

- Non Togaris, dit Ishtar, ils ont disparus au cours de la nuit, alors hâtons nous de partir avant qu’ils ne reviennent.

- Tu viens avec nous Bargos ? Demanda Togaris. Tu pourrais faire partis des Poings trempés, un homme de ta stature serait grandement apprécié, Ishtar et ses divertissants tours de magie, moi je vous citerai des prières lors des repas et toi tu réduirait en bouillis tout ennemis potentiels, qu’en pense tu ?

- Tu sais bien qu’il refusera, dit Ishtar, il ne fréquente pas les races inférieures.

- Cela est vrai, répondit Bargos, mais j’accepte de vous accompagner un bout de chemin, à la condition que je m’emplisse le gosier le premier car affamé, je mangerais tout ce qui bouge.

- Ca me semble honnête, dit Togaris, et toi Ishtar ?

Ishtar confirma son accord par un signe de tête mais se promit d’éclaircir certaines choses comme celle d’avoir été comparé à un rôti de bœuf. Pour l’instant l’heure était au départ et il est vrai qu’un géant pourrait être utile à leurs côté, pensa-il.Ils décidèrent de se diriger vers l’ouest où , à seulement deux ou trois jours de marche, ils y trouveraient la cité de Basco capitale du Royaume Sacré et ainsi en profiter pour se revigorer et avoir un peu de bon temps. Depuis leur départ, le soleil brillait fièrement au dessus d’eux et laissait refléter ses couleurs sur les sommets enneigés des monts Hurleurs. La compagnie des Poings Trempés marcha pendant une journée et demie ne s’arrêtant que pour manger et dormir un peu lorsqu’ils aperçussent une ouverture au pied de la pointe sud des montagnes.

- Cette grotte n’existait pas la semaine dernière il me semble, dit Togaris, je sillonne cette route régulièrement depuis la création des Poing Trempés et jamais auparavant je n’ai remarqué quelque chose de comparable ici.

- Tu as raison Tog, dit Ishtar, cette grotte n’était pas là lors de notre dernière expédition. Peut-être y a t il eu un éboulement ou encore se sont les nains qui ont commencé à forer ces montagnes.

- Allons voir ça de plus près, dit Bargos, il doit forcément avoir une raison, puisque vous êtes si certain de n’avoir jamais vue de caverne ici, ce genre de phénomène n’apparaît pas soudainement. Une créature peut y avoir construit son antre et il se pourrait qu’on y retrouve des objets intéressants, sait-on jamais.

L’entrée de la grotte devait faire au moins dix mètres de diamètre et sur ses parois asymétriques, une fine couche de poussière jaune s’effritait au moindre effleurement. Une odeur putride et des bruits de gouttelettes qui tombaient octroyaient une ambiance repoussante à cette crypte. Bargos s’y introduisit le premier, sa claymore à la main et scruta la pièce en laissant le temps à ses yeux de s'adapter aux ténèbres. La salle était irrégulière mais de forme ovale avec un couloir qui s’ouvrait au nord-est, le plafond, orné de stalactites, se terminait en un cône à environs vingt mètres au dessus de lui tandis que le sol semblait humide et parsemé de mousse. Bargos se pencha vers un objet qui avait scintillé un instant auparavant et, avec le bout de sa lame, gratta les résidus qui le couvraient et il trouva un pendentif, orné d’une pierre de couleur bleutée. Il le prit dans sa main et souffla les dernières poussières qui s’accrochaient sur le bijou.

- Joli ce pendentif Bargos ! Il a encore quelque valeur tu crois ? Ishtar venait de pénétrer dans la grotte, son sceptre à la main duquel émanait une lumière blanche et constante comme la lumière du soleil, éblouissant Bargos l’instant d’un battement de cils.

- Je ne sais pas, répondit-il, puis en l’observant de plus près, il remarqua que la partie centrale du pendentif bougeait.

- « Regarde la pierre du milieu, elle pivote. » Bargos entreprit de faire tourner la pierre et après avoir effectué la moitié du trajet, il entendit un déclic puis une chaleur jaillit du pourtour, une chaleur qui s’intensifiait mais pourtant ne brûlait pas la main qui la tenait. La chaleur s’estompa au bout de quelques secondes.

Togaris qui suivait Ishtar de près s’approcha et demanda:

- À quand la dernière fois un homme serait entré dans cette grotte ?

Depuis fort longtemps semble-t-il, répondit Ishtar, mais ce qui est certain, c’est que plusieurs ne sont pas rentrés chez eux depuis lors.

Ishtar observait le sol sur lequel reposaient plusieurs fragments de squelettes et de cadavres en putréfaction et continua :

- Je ne sais pour vous, mais quant à moi, cette caverne ne me dit rien qui vaille.

Bargos s’avança vers Ishtar posa sa main sur son épaule et se moqua :

- Ne sois pas couard Ishtar, n’oubli pas que tu fais maintenant équipe avec moi, je te protégerai des vilaines créatures qui essaieraient de te faire du mal.

Togaris ne pus camoufler un sourire suite au sarcasme de Bargos et ajouta :

- Et moi je couvrirai tes arrières.

- Suffit vos plaisanteries ! Clama Ishtar dont les yeux semblaient scintiller.

Sa voix était devenue lourde et résonnait dans la caverne. Vous n’avez aucune idée de ce qui pourrait se terrer dans ces grottes, moi je conclus selon ce que je vois et ce que je vois ici ce sont des dizaines de cadavres qui jonchent le sol et se ne sont pas des cadavres de paysans. Regardez celui-ci...

Les deux comparses se tournèrent vers l’endroit pointé par Ishtar qui continua:

- Vous voyez, il semble que cet homme arbore des armoiries. Il était probablement un chevalier aguerri et maintenant occis.

Le cadavre était sur le dos les bras en croix et une jambe avait été arrachée à la hauteur de la cuisse. Une mince couche de chair séchée recouvrait le squelette de l’homme mais le plus effrayant était l’expression encore perceptible de son visage qui semblait crier son effroi, un cri que personne n’a jamais entendu... Ses yeux, orientés vers le haut comme si la dernière chose qu’il eut aperçu le surplombait, étaient écarquillés et, malgré l’état avancé de la décomposition, communiquaient une détresse que jamais aucun homme ne souhaiterait vivre. Il portait une armure à plaques bosselée et équarrie, vestiges de nombreuses empoignades mais une entaille avait particulièrement endommagé l’armure à un point tel que l’on aurait pu l'ouvrir en deux comme on le ferait avec le coquillage d’un mollusque. Un lion était dessiné sur le plastron et la cape, en lambeaux, était bleue parée d’un fils qui fût probablement d’argent avant d’être maculé de poussière et de sang. Dans sa main squelettique une épée, dont la lame brisée au trois-quarts, se démarquait du reste de son équipement. Le pommeau semblait avoir été forgé dans un acier noir et symbolisait un dragon la gueule ouverte qui tenait une pierre entre ses dents. À son coup, le chevalier portait un collier en or serti de rubis.

- Je ne souhaiterais pas rencontrer l’adversaire que cet homme a dû affronter. S’inquiétait Togaris.

- Cet adversaire, comme tu le nommes si bien, n’est manifestement pas un homme. Aucun guerrier, le plus aguerri soit-il, ne serait capable de causer une telle blessure à la jambe et notamment, parvenir à lacérer une armure comme une primitive carapace de crabe… Conclus Ishtar.

Bargos quant à lui ne dit mots et s’approcha de la dépouille. Il dû forcer la main décharnée pour arriver a empoigner les reste de l’épée. Malgré son aspect médiocre, l’arme était extrêmement légère et affinée. Il la soupesa et examina le pommeau plus soigneusement, en particulier la gueule du dragon dans laquelle se logeait cette étrange pierre en forme d’œuf. En l’observant, il remarqua que, au centre de la pierre, une sorte de phosphorescence oscillait et semblait vouloir entrer en contact avec sa main. Bargos médusé, eût comme réflexe de laisser tomber l’épée qui fit un fracas en percutant le sol, puis l’écho retentit dans la grotte pour se dissiper tranquillement après quelques secondes. Se retournant vers lui, ses comparses cessèrent de discuter et s’approchèrent avec un air ébahi.

- Cette épée, dit Bargos, a une magie que jamais je n’ai vue auparavant, la pierre semble vouloir communiquer. Quand j’ai pris l’épée, une lueur verte a jaillit de la pierre.

- Ce n’est pas la première fois que tu manies une épée magique Bargos, dit Togaris.

- Et de coutume tu ne daigne pas posséder quelques apparats magiques, ajouta Ishtar.

Togaris se pencha, agrippa l’épée et observait la lueur phosphorescente qui s’activait et émettait plusieurs éclairs qui se mirent à pénétrer et darder la main du guerrier. Un picotement s’étendait de sa paume à ses doigts et commença tranquillement à monter le long de son bras droit. Il hésita quelques secondes et se demanda s’il devait lâcher l’épée quand il sentit l’énergie s’emparer de son autre bras et monter à sa tête. Soudain, un spasme violent le fit chanceler, il tremblait de tout son corps et à ce moment il voulut lâcher l’arme mais n’y parvint pas. Une voix s’adressa à lui, elle résonnait dans sa tête comme des coups de marteau :

- « Mortel, tu détiens la pierre qui renferme mon âme. Prend garde et réfléchis bien avant de t’en défaire car mes pouvoirs pourraient t’être très utiles. »

Togaris plia un genou et s’appuya sur l’épée pour ne pas tomber. Il sentit une main le prendre sous le bras et le soulever sans efforts pour le remettre sur pieds. Il se tourna et aperçût Bargos qui l’observait.

- ça va Togaris ? Demanda Bargos.

- Oui, ça va. Je ne sais point ce qui s’est passé, mais j’ai éprouvé une fatigue dans tous mes muscles. Mais tout va bien maintenant, merci. Puis il pivota et continua :

- Vous autres vous préférez rebrousser chemin ou continuer plus loin dans cette grotte ?

- Je crois que nous devrions ériger notre camp de nuit ici, se reposer un peu ne nous fera grand bien, dit Ishtar. Je vais préparer quelques enchantements cette nuit dont un qui me permettra de détecter des portes dissimulées ou encore des pièges qui pourraient nous exploser à la figure.

- Eh bien soit ! Acquiesça Bargos. J’ai faim et me rafraîchir le gosier ne sera pas de refus. Ma Claymore à besoin d’être affilée elle a passé trop de temps dans son fourreau, j’espère rencontrer quelques Gobelins ou Orques demain, cela pourrait nous dégourdir un peu. Bargos choisit une pierre, s’y installa et entreprit d'affûter la lame de son immense arme à deux mains.

- Dans ce cas je vais faire un tour à quelques pas d’ici, dit Togaris. Je veux m’assurer qu’aucune créature ne rôde aux alentours. Je ramène du bois pour le feu et de l’eau, j’ai aperçu une source non loin d’ici.

Sur ce, Togaris sortit de la caverne et disparut dans la forêt. Ishtar plongea dans son grimoire et marmonna des phrases incompréhensibles aux oreilles de Bargos. Il effectua des arabesques et, à l’occasion, des crépitements, scintillements et flammèches sortaient de ses mains fluides. Un silence macabre engloba la caverne et le seul bruit qu’on entendait était celui du raclement incessant de la pierre sur la lame de l’épée.

épée

Auteur : Steeve P.

Date de mise en ligne : 2002-09-15

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