Dernière mise à jour :2008-07-25

arts et culture

OASIS

Le groupe, forme en 1993 a Manchester, comprenait a l'origine quatre copains d'école : Liam Gallagher (chant), Paul "Bonehead" Arthurs (guitare), Paul McGuigan (basse) et Tony McCaroll (batterie). Le frere de Liam, Noel, qui travaillait alors avec le groupe Inspiral Carpets, en tant que roadie-technicien, accepte de rejoindre la formation a condition d'en prendre le contrôle absolu… Le groupe s'incline, se rebaptise Oasis et commence a répéter intensivement (les chansons de Noel, bien sur).

Apres avoir réalisé une demo, les cinq lascars coincent Alan McGee, le patron de Creation Records, et l'obligent a écouter cette derniere. Impressionné, il signe Oasis, qui publie son premier single, « Supersonic » au printemps 1994. Les critiques sont bonnes et un mois plus tard, Oasis publie « Definitely Maybe » qui entre directement numéro un des charts en Grande-Bretagne. Une vraie ‘Oasismania' se déclenche alors en Angleterre. Parallèlement a ce succès, les frères Gallagher se taillent une belle réputation de ‘bad boys', se battant perpétuellement entre eux et insultant les journalistes. Apres un départ-retour éclair de Noel, le groupe se concentre au début 1995 sur la conquête de l'Amérique, y effectuant une tournée a guichets fermes.

A leur retour, après l'enregistrement du nouveau single, « Some Might Say » (numéro un d'entrée en mai 1995), Tony McCaroll s'en va, remplace par Alan White. C'est l'époque de la soi-disant ‘Brit Pop' et de la guerre débile avec Blur, qu'Oasis gagne a plate couture avec son second album, “(What's the Story) Morning Glory ?”, qui sort en octobre 1995 (numéro un en Angleterre), propulse par le single “Wonderwall”. Oasis fait également un carton aux Etats-Unis (l'album y sera certifie cinq fois platine !). A l'été 1996, les deux concerts a Knebworth battent tous les records d'affluence.

Le troisième album sera beaucoup plus difficile a enregistrer que les précédents (notamment en raison de bagarres internes incessantes…). « Be Here Now » sort finalement en août 1997. Le succès est une nouvelle fois colossal, mais les critiques commencent a fuser : Oasis ne fait plus de hits, les morceaux sont trop longs, trop lents, etc.

La crise guette. En 1998, le groupe publie une compilation de faces B, « The Masterplan », ce qui ne fait que renforcer les rumeurs (ils se séparent, ils sont drogues, ils sont fâchés, etc.).

A l'été 1999, pendant que le groupe enregistre son quatrième album, « Standing On The Shoulder Of Giants », Bonehead quitte le groupe, bientôt suivi par Paul McGuigan. Ils sont remplaces par Andy Bell (ex-guitariste de Ride) et Gem Archer (ex-Heavy Stereo).

L'année 2000 est une sorte de catastrophe perpétuelle, Noel quittant le groupe aux Etats-Unis, remplace pour finir la tournée américaine. Il revient pour les concerts de Wembley, qui donnent lieu au premier live d'Oasis, « Familiar To Millions », publie en novembre 2000.

Huit ans après leur premier album : Definitely Maybe, qui a fait reprendre le chemin des disquaires à toute une génération qui avait délaissé les bacs du rock’n’roll... Cinq ans après les folies médiatiques du milieu des années 90... Ils sont toujours des millions à adorer Oasis, et pour une bonne raison : leur sincérité. Des artistes. De la musique. On fait confiance à Oasis, comme on l’a toujours fait.

C’est pourquoi, un beau matin de l’hiver dernier, alors que commence la vente des 120 000 billets pour les deux concerts de cet été à Finsbury Park, à Londres, Noel Gallagher reçoit à midi un appel de son manager disant que tout va bien, que tous les billets sont vendus et que le groupe est toujours le numéro 1 du rock anglais. Et ils n’ont même pas encore entendu les nouveaux titres, ajoute Noel, admiratif. Après tout, on aurait pu leur faire un album reggae. Eh bien non, ils n’ont pas donné dans le reggae.

Ils ont fait Heathen Chemistry : innovant et détonnant, certes, mais certainement pas du bricolage. C’est bien un nouvel album d’Oasis, un grand album même. Le cinquième réalisé en studio et, d’après Gallagher, le meilleur depuis (What’s the Story) Morning Glory, leur deuxième opus, record absolu des ventes pour un album anglais (18 millions d’albums vendus en 1996).

On a évolué un peu, dit Noel. Mais pour changer complètement, il faudrait nous forcer, et ce n’est pas notre truc. Je ne pourrais pas me trouver un alter ego et je sais que Liam non plus parce que je serais derrière lui à lui répéter ‘espèce de taré !’. En plus, je crois que je ne serais pas terrible en pantalons de cuir. Nos groupes préférés sont toujours les Beatles et les Sex Pistols. En fait, on fait la musique d’Oasis, point. ça, c’est de la sincérité. Et ne cherchez pas un sens profond et caché dans le titre de l’album : l’inspiration est venue d’un T-shirt de Noel, acheté à Ibiza. J’adore ce disque. Franchement, vous vous attendiez à ce que je dise autre chose ?

Avec tout autre vedette de la pop, vous partageriez son cynisme. Mais il s’agit là de de quelqu’un qui fait preuve d’une autocritique assez impitoyable pour renier le troisième album du groupe, quelqu’un qui affirme que même leur précédent - et excellent - album : Standing on the Shoulder of Giants ne comprend que deux ou trois bonnes chansons, quelqu’un qui affiche un parfait dédain pour les dérives du marketing qui menacent de faire sombrer son propre milieu professionnel : Les chansons sont meilleures que sur les deux ou trois dernières productions. Oui, c’est ça, c’est tout : les chansons sont meilleures. C’est de plus en plus difficile, je jette pas mal de choses. Tu te vois écrire Raspberry Fields Forever ? J’ignore si je me suis amélioré en tant qu’auteur compositeur. Tout ce que je sais, c’est que l’ambiance du groupe est positive pour l’écriture.

Peu enclin à analyser le phénomène plus en détail, Noel admet cependant que les trois chansons de Liam et l’arrivée de Gem Archer et Andy Bell dans le groupe l’ont poussé dans la bonne direction." L’esprit de compétition, peut-être. Keith Richards a bien dit : " Tu ne vas pas chercher la chanson, c’est elle qui te trouve." "Les meilleures chansons coulent d’elles-mêmes. Tu es là avec ta guitare, une feuille de papier et un stylo. La première phrase te vient, et le reste suit tout seul." Cela lui est d’ailleurs arrivé plusieurs fois l’été dernier." J’étais dans un hôtel près du Palais de Buckingham. Il faisait chaud. A la télé, les conneries habituelles. J’étais très amoureux de ma copine. J’ai écrit She Is Love en dix minutes. Pareil pour Live Forever. Le genre de chansons qui parlent aux autres. Tu les écris, tu te prépares un thé, tu t’assieds et tu les enregistres sur cassette, tu ré-écoutes et tu te dis : ‘c’est bon’. Six mois plus tard, tu te retrouves dans un stade, devant 60 000 personnes qui te la chantent. ça tient à quoi? C’est magique, comme disait Paul Daniels." Stop Crying Your Heart Out est née de la même manière. "En fait, la chanson m’a trouvé. Elle parle de faire quelque chose de sa vie, de trouver son bonheur et de ne pas essayer de changer son destin." Les musiciens des rues ont intérêt à l’apprendre en vitesse, parce qu’elle va faire un malheur. Noel ajoute d’un air détaché : "Elle a ce qu’il faut pour devenir un succès mondial.

Puisque She is Love est inspiré par la petite amie de Noel, d’aucuns penseront que Force of Nature est inspiré par son ex-femme. Faux ! "Je sens qu’on va me le demander des milliers de fois", dit-il d’un air fatigué. "Je l’ai écrit pour un film avec Jude Law et Jonny Lee Miller, un an avant mon divorce. J’ai une vidéo qui le prouve. Voilà. Dorénavant, j’aurai la vidéo avec moi lors de toutes les interviews de promotion de l’album." Quoi qu’il en soit, c’est une chanson géniale, avec en intro un hommage à Nightclubbing, le classique d’Iggy Pop, refait à l’identique avec une boîte à rythmes d’il y a vingt ans. Rien d’étonnant à ce que Noel ait toujours la flamme.

Mais voilà que son frère s’y met aussi. "Quand j’ai entendu Born on a Différent Cloud, je n’arrivais pas à croire que c’était de Liam. J’ai cru qu’il me racontait des histoires. Mais il a toujours dit et répété que si tout ce qu’il avait vécu ne lui permettait pas de sortir des chansons de ce calibre, il était bon pour la poubelle et que ça sortirait un de ces jours". Voilà, c’est sorti. Le grand frère est " méchamment soulagé et fier " . Ils s’entendent bien et ce n’est pas qu’une impression. Plus de départs précipités en cours de tournées ou de menaces de rupture. Oasis est parti pour durer. "J’ai appris à apprécier mon frère. Il est vrai. On dit qu’il en fait trop mais il a toujours été comme ça : insolent, fort en gueule, marrant. C’est juste que maintenant il réalise qu’on ne peut pas se conduire comme un gamin de 16 ans quand on en a 30. Depuis qu’il écrit des chansons, il a arrêté de faire le con." Grâce à ce changement d’attitude, et - comme aime à le souligner Noel - à l’influence apaisante et au talent de Gem et d’Andy, l’enregistrement de Heathen Chemistry s’est passé dans le calme et la sobriété, sans crises ni claquements de portes. L’énergie et la manière qui font la force du groupe ont servi la musique et non la légende.

Le résultat est là. " Plus question d’être un feu de paille ", ajoute Noel, fidèle à lui-même. " On est là depuis 10 ans. On a été au sommet, on a fait un tour, on a admiré la vue. Mais on a aussi touché le fond : les musiciens qui se barrent, la drogue, l’alcool, les procès. Plus la peine de nous montrer la bonne voie : on sait ce qu’on fait. Puisqu’on le fait. On a été moins que rien. On a été plus que tout. On a été les meilleurs." Il suffira d’écouter Heathen Chemistry d’Oasis pour affirmer qu’ils sont toujours les meilleurs.

Auteur : Requiem

Copie autorisée

Version originale : http://www.oasis-forever.tk

Date de mise en ligne : 2004-05-26

Biographie de OASIS

Ils sont fort rien d'autre a dire.

2008-04-18 00:00:00