Dernière mise à jour :2008-10-13

sciences

Statut peuple Olmèque

Avant même de commencer notre étude, il nous faut parler des grandes inconnues qui subsistent concernant les Olmèques. Le nom Olmèque est utilisé pour différents groupes ethniques, linguistiques et culturels qui ont occupé les régions du Tabasco et du Veracruz. Les plus anciens, qui vivaient sur la côte du golfe sont ceux qui nous intéressent ici. On ne sait presque rien de la naissance et de la mise en place de la dite " culture Olmèque ", ils apparaissent du point de vue de l'histoire de l'art déjà constitués. Ce que l'on propose concernant l'économie, la religion, le social, le politique et le culturel ne sont souvent que des hypothèses. La définition que l'on a des Olmèques se fonde sur un style artistique, bien que ces dernières années, les recherches tendent à affiner cette définition. Devant cet état de fait, il est extrêmement difficile, voire même impossible de faire des affirmations. Nous pouvons tout de même émettre des hypothèses, mais seulement des hypothèses. Mais ce qui est sur, c'est que les Olmèques ont eu une certaine importance pour le développement de cette partie du globe. Ils semblent avoir apporté la planification urbaine, peut-être la proto-écriture, l'utilisation du jade, etc. Ils seraient de fait, liés aux fondements même de la Méso-Amérique mais restent à ce jour encore méconnus du grand public.

Le nom Olmèque vient de la langue des aztèques et signifie " les gens originaires du pays du caoutchouc ". Ce nom définit un ensemble de sites, d'œuvres monumentales et de sculptures caractéristiques, un type de céramique et divers objets et ustensiles à caractères communs. A partir de ces données, les scientifiques ont défini une identité culturelle. Les Olmèques vécurent selon C. Magni (1999) entre 1500 Av JC et 150 Après JC, mais leur existence est surtout attestée entre 1500 et 400 Avant JC. Ils furent la source d'un style artistique et d'une iconographie qui émergent au formatif (phase chronologique Olmèque). Les ossements humains qui ont été retrouvés présentent des mutilations dentaires ou encore des déformations crâniennes. Nous n'avons pas retrouvé de trace concrète d'écriture, mais peut être des bases sous forme d'idéogrammes. Nous ne sommes pas non plus certains de la langue qu'ils parlaient. Les Olmèques ont été rattachés à la famille linguistique Maya (Coe, 1962), Mixe-Zoque (Lowe, 1977), ou encore à un ensemble multiethnique (Niederberger, 1987). Aujourd'hui, dans cette zone la langue parlée est le Popoluca, de la famille du Mixe-Zoque.

Olmèque

Le peuple Olmèque semble vivre de manière très hiérarchisée, selon une sorte de chefferie ou de " monarchie ", dans le sens féodal du terme. Pour Drucker (1981) il s'agirait d'une société Etatique, pour Magni (1999) d'une société clanique. Quoiqu'il en soit, l'organisation sociale présente une phase d'évolution avancée vers la stratification en classes et la spécialisation professionnelle. La supervision des tâches, indispensable à leurs entreprises, implique nécessairement une forte hiérarchisation de la société, en fonction d'une organisation politique et sociale. L'économie semble basée sur l'intensification de la production, le stockage, l'innovation des moyens de production et une meilleure division du travail, notamment par la spécialisation. Ils créèrent de grands centres cérémoniels, et l'on pense qu'ils prirent sous leur tutelle plusieurs villages et groupes voisins en les intégrant aux centres principaux.

On assiste là, semble-t-il, à une importante concentration de population, de pouvoir et de connaissances pour les groupes qui vivent dans les centres (les dirigeants, les prêtres, les artistes, les artisans et peut-être aussi les marchands). Les dirigeants semblent avoir le privilège de l'accès à la maîtrise des connaissances et l'exclusivité de certaines fonctions. Les familles d'élites semblent s'affilier aux divinités et s'en proclament les descendants. Tout porte à croire que le pouvoir était héréditaire. La population qu'ils dirigeaient semble être aujourd'hui beaucoup plus importante que nous l'imaginions ; la structure sociale se voit du même coup, allant vers la complexification. L'architecture elle-même est le reflet de cette hiérarchie. On trouve des édifices publics et des bâtiments privés, de factures très variables, montrant bien la place privilégiée de certains. Il existe aussi de nombreux colliers, pendentifs, miroirs et parures portés, sans nul doute, par ces dirigeants.

Olmèque

L'agriculture est l'une des ressources principales de subsistance (le maïs est domestiqué dés 2250 avant JC), l'homogénéité du milieu tropical humide favorise cette activité. L'écosystème est riche et varié. Les premières communautés sédentaires du Tabasco et du Veracruz ne sont pas que des agriculteurs, mais également des collecteurs de crustacés et de mollusques. La cueillette, la chasse et la pêche sont aussi pratiquées, et la domestication semble faire son apparition très tôt (chiens ou encore dindons).

L'un des plus grands efforts technologiques entrepris par les Olmèques est la construction des premiers systèmes de contrôle hydraulique de la Méso-Amérique préhispanique, à San Lorenzo ou encore à La Venta, avec des réseaux de canalisations souterraines. Les Olmèques sont également des innovateurs, dans le domaine de l'organisation des centres cérémoniels : ils orientent les édifices en fonction des points cardinaux. Les plans sont stricts et les axes précis, ils ne laissent rien au hasard. Les édifices sont de très grandes dimensions, construits en terre et en argile, on trouve parfois quelques éléments d'architecture en pierre (dallages, colonnes, murs), mais cette architecture reste tout de même assez rudimentaire. Les grands centres urbains que l'on connaît, comportent des monuments pyramidaux, des monolithes sculptés, des plates-formes, des stèles, des autels et des caches pour les figures votives. Ils pratiquent également l'ensevelissement d'offrandes (selon Soustelle, 1979, ils en seraient les initiateurs) et semble t-il la mutilation des oeuvres.

Les premiers centres urbains remontent à 1250 avant JC et se succèdent pendant environ six siècles. Les principaux sites Olmèques sont, entre autres La Venta et Villahermosa, dans le Tabasco ; San Lorenzo, Tres Zapotes et Laguna de los Cerros, dans le Veracruz. Ces sites sont souvent recouverts par des occupations ultérieures. Des sites comme La Venta ou San Lorenzo sont accompagnés de petits sites périphériques. Les grands centres semblent souvent avoir été précipitamment abandonnés. Ces grands mouvements de population seraient liés selon Santley (1997) à l'activité volcanique de ces régions…

Olmèque

Les Olmèques sont installés au Tabasco et dans le Veracruz, mais leur influence ne s'arrête pas là. Les traits et les attributs de l'art Olmèque se sont disséminés. L'influence s'est faite sentir sur l'altiplano central, Oaxaca et le Guerrero parce que nous nommerons la route occidentale, et sur la côte pacifique et l'Amérique centrale, par la route sud. Ces régions, ayant subis l'influence Olmèque, sont dites " périphériques " ou " hors zone métropolitaine ". Loin de leur territoire d'origine les Olmèques ont donc laissé des traces de leur passage, de leur séjour ou de leur influence. Il faut toujours garder à l'esprit que la présence Olmèque est parfois abusive et qu'il s'agit là d'une distribution large pour un art à la base représentatif de la côte du golfe. Les zones périphériques comportent peu de sites majeurs Olmèque, leur influence se remarque surtout dans l'art mobilier et dans les motifs. De plus les pièces Olmèques sont assez souvent retrouvées hors contexte ou dans des contextes non-Olmèques, ce qui présente bien l'hétérogénéité de la distribution de cet art. Bernal (1967) pense que certaines des régions des zones périphériques ont leur évolution propre et sont assez avancées pour assimiler les traits de la culture Olmèque. Les œuvres produites sont alors nommées Olmècoïdes. Ces œuvres Olmèques, généralement de petites dimensions ont été retrouvées dans de nombreux sites. On commence à parler d'un " empire Olmèque " (Caso, 1965), s'étalant de la côte du golfe du Mexique, au plateau central (Tlatilco), en passant par le Morelos (Chalcatzingo), le Guerrero (Oxtotitlàn), Oaxaca (Monte Alban), Puebla (Las Bocas) et le long du Pacifique jusqu'au Nord du Costa Rica (péninsule de Nicoya). Leur présence est principalement attestée par l'existence, sur place, de sculptures portables, d'objets rituels, de figurines, de céramiques ou de motifs typiquement Olmèques. Mais toutes ces données sont-elles véritablement le fait des Olmèques ? Il est peut-être abusif de parler d'empire et il semble plus approprié de parler d'échanges avec des cultures locales et d'assimilation d'éléments Olmèques dans ces cultures. Il existe donc, outre les grands centres, de petits villages non Olmèques à structures publiques, où leur influence se fait sentir, comme San José Mogote, Huitzo ou encore Chalcatzingo.

Olmèque

Nous pensons qu'ils ont construit un important réseau d'échanges, qui se serait surtout développé au formatif moyen. Ceci leur aurait permis d'importer les matières premières et les produit manufacturés qu'ils désiraient et d'exporter leurs marchandises et leur culture. Les rapports qu'ils entretenaient avec leurs voisins, étaient-ils juste d'ordre commercial, ou également d'ordre militaire, colonial… ? Nous resterons prudent quant aux hypothèses d'invasion, de conquête ou de colonisation, comme le suggère C Magni (1999) " nous préférons nous baser sur une aire culturelle ouverte aux échanges ". La zone métropolitaine est un ensemble homogène, mais l'on constate dans les zones périphériques des diversités liées aux situations locales. Les premières sociétés hiérarchisées apparaissent entre 1200-700 avant JC, sur la côte du golfe avec les Olmèques, entre 1400-450 BC dans la vallée de Oaxaca et entre 1500-200 avant JC dans le Morelos... Grove et Flannery (1994) parleront d'horizon Olmèque, c'est-à-dire ayant un rôle catalyseur pour l'évolution ultérieure des autres peuples méso-américains. Toutefois d'autres cultures étaient déjà présentes dans certaines régions et n'ont fait qu'intégrer des motifs Olmèques dans leur propre culture.

Nous pouvons donc constater que les informations que nous avons, commencent à être conséquentes, mais qu'elles restent incomplètes. Quoiqu'il en soit, ces dernières années, les travaux tendent à s'intensifier, se diversifier et s'ordonner. On commence à connaître l'habitat, les réseaux de sites et quelques ateliers de taille, notamment grâce aux travaux de A. Cyphers Guillen (1997) à San Lorenzo ou de S.D Gillespie (1996) à Llano del Jicaro.

Auteur : Melissa Vergnaud

Copie autorisée

Version originale : http://www.ifrance.com/Vies-ailleurs/olmeques.htm

Date de mise en ligne : 2003-04-25

Le peuple Olmèque

interessant mais totalement imaginaire

2008-07-10 00:00:00