Dernière mise à jour :2008-10-14

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Ordre du Temple

En 1099, Jérusalem est entièrement sous domination chrétienne. La souveraineté de ce royaume revient à Godefroy de Bouillon qui, au titre pompeux de roi de Jérusalem lui préfère celui plus humble d'avoué du saint sépulcre.

Preux et fervent chevalier du prieuré de Sion (une des collines de Jérusalem), il installa en ces lieux sacrés un chapître de moines réguliers, vêtus d'une bure immaculée frappée de la croix de laine pourpre. Ces religieux, mystérieux et mystiques, se réclamaient de la règle de saint Augustin dont voici quelques maximes : "Credo ut intelligam " (je crois afin de comprendre), "Etre, connaître, vouloir". Saint Augustin énonçait aussi notamment que la prédestination était éternelle et absolue.

En 1118 succède à Baudoin I, sur le trône de Jérusalem, son cousin Baudoin II. A peine est-il installé que se présentent humblement devant lui neuf pauvres chevaliers très chrétiens d'honorables lignées. A leur tête se tient Hugues de pains (alias des Payens ou Hugo de Paganis), descendant présumé des comtes de Champagne.

Animé d'une foi inébranlable, ce seigneur français nourrissait ardemment le projet de créer un ordre monastico/militaire, qui se dévouerait corps et âme à la défense des lieux saints. Pour réaliser ce dessein grandiose, il s'associa tout d'abord un ancien compagnon d'armes Geoffroi de saint Omer, puis parvint sans peine à réunir sept autres chevaliers : André de Montbard oncle de Bernard de Clairvaux (saint Bernard), Gondemare, Godefroi, Roral (alias Rossal), Payen de Montdésir (alias de Montdidier), Geoffroy Bisol et Archambaud de saint Agnan.

Il s'agissait d'un projet passionné mais néanmoins mûrement élaboré. En effet, Hugues de Pains et Geoffroi de saint Omer avaient combattu aux côtés de Godefroy de Bouillon, à l'instar duquel, ils s'étaient consacrés à la règle mystérieuse du prieuré de Sion, des honorables chanoines de saint Augustin.

Conscient de la grande insécurité des axes routiers de son royaume, Baudoin II accepta aussitôt l'aide providentielle des pauvres chevaliers du Christ. Il leur offrit asile au sein même de son palais, construit sur l'emplacement de l'ancien temple de Salomon. L'Ordre du Temple y gagnait son nom.

De 1118 à 1123, ces chevaliers encore en habits du siècle, accomplirent leur mission avec panache et dévotion, tout en ne vivant que d'aumônes et de donations.

C'est ainsi qu'en 1123, devant Garimond (alias Gormond) patriarche de Jérusalem, ils prononçèrent les trois voeux monastiques de "pauvreté, chasteté, obéissance" auxquels ils ajoutèrent ceux de combattre les infidèles et de se consacrer à la défense des pélerins.

Leur comportement irréprochable, en un mot chevaleresque, attira dans leurs rangs une multitude de postulants, impatients d'intégrer la sainte et glorieuse compagnie.

Devant l'importance prise par l'Ordre en une décennie, Hugues de Pains requiert du pape que l'Ordre soit officiellement reconnu. Cette mission incombe à Bernard, puissant abbé de Clairvaux (saint Bernard 1090/1153) qui écrit notamment un écrit élogieux à l'adresse de ce nouvel Ordre de chevalerie : "De laude novae militiae ad milites Templi".

Ainsi, en janvier 1128, en la cathédrale de Troyes, l'Ordre du Temple est officiellement reconnu. Le concile y fixe notamment la tenue de ses chevaliers : Un blanc manteau frappé d'une croix rouge sur le coeur.

Son premier grand maître : Hugues de Pains prend rang de prince. La règle de l'Ordre, écrite par Jean de saint Michel sous la dictée d'Hugues de Pains et la clairvoyance de Bernard de Clairvaux, est entérinée. Leur devise : Non nobis domine, non nobis, sed nomini tuo da gloriam.

(non pour nous seigneur, non pour nous, mais pour la gloire de ton nom) est désormais officiellement inscrite sur leur beaucéant (étendard) tout de sable et d'argent.

La règle sera néanmoins complétée ou modifiée à plusieurs reprises :

  • Le 29 mars 1139 par la bulle "Omne datum optimum" du pape INNOCENT III.
  • En 1144 par la bulle "Milites Templi" du pape Célestin II.
  • En 1145 par le pape Eugène III qui accorde aux chevaliers de l'Ordre le port de la croix pattée sur l'épaule gauche.
  • En 1162, le pape Alexandre III confirme définitivement la bulle "Omne datum optimum".

À l'instar d'un véritable Code de Justice sont rédigés les Egards énonçant les fautes et leur répression , puis les Retraîts permettant d'adapter la règle à la hiérarchie fort complexe du Temple.

Auteur : Jean-Christophe Deniset

Copie autorisée

Version originale : http://perso.wanadoo.fr/jean-christophe.deniset/pages/la%20naissance%20de%20l'Ordre%20du%20Temple.htm

Date de mise en ligne : 2002-12-05

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