Dernière mise à jour :2008-07-25

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Dessin représentant Jules Cesar

L'enfance et l'ascension politique

Caius Julius Caesar est né à Rome en 101 avant JC, le 13 du mois Quinctilis, appelé plus tard Iulius (d'où le nom du mois de Juillet). Il appartient à l'illustre famille patricienne Iulia qui prétendait descendre de Iule, fils d'énée, lui-même fils de Vénus. Son grand-père a une fille, Julia qui épousa Marius, et deux fils. L'aîné de ces 2 fils est le père de Jules Cesar, il mourut peu après l'exercice de la préture vers 86 avant JC, et le cadet est Sextus, qui devint consul en 91 avant JC. Brillant élève de l'école mais aussi du gymnase, Jules Cesar passe toute son enfance dans la Subura, le quartier populaire de Rome, ce qui lui vaudra plus tard de jouir d'une grande popularité auprès de la plèbe. Il commencera sa carrière politique sous la protection de ses oncles alors en pleine ascension politique.

Rome est déchirée entre les partisans de Marius, brillant général vainqueur de Jugurtha (roi de Numidie) en 107 avant JC, des Teutons à Aix en 102 avant JC et des Cimbres à Verceil en 101 avant JC, membre du parti populaire et qui contrôle tout l'Occident romain, et les partisans de Sylla, membre du parti aristocratique et qui guerroie en mer égée contre Mithridate VI Eupator, le roi du Pont.

Le parti aristocratique reprend l'avantage en 88 avant JC, lorsque Sylla réussit à vaincre en Orient et décide de marcher sur Rome. Marius est obligé de s'exiler en Afrique et d'attendre que Sylla soit repartit battre définitivement Mithridate VI pour rentrer à Rome avec l'aide de Cinna, en 86 avant JC. Marius meurt peu de temps après (en 86 avant JC) et c'est Cinna qui lui succède à la tête du parti populaire. Consul de 87 avant JC à 84 avant JC, Cinna donne sa fille Cornelia en mariage à Jules Cesar, promu au sacerdoce très honorifique de flamine de Jupiter. Mais le retour de Sylla et l'établissement de la dictature, obligent Jules Cesar (il refuse de répudier son épouse Cornelia, fille de Cinna) à s'exiler en Asie de 82 avant JC à 78 avant JC. Jules Cesar fait ainsi ses premières armes en Asie et, lors de la prise de Mytilène, est décoré pour sa bravoure. Après la mort de Sylla, en 78 avant JC, il revient à Rome, où le collège des pontifes l'a coopté en remplacement d'un cousin décédé. Très jeune, il fait preuve de son éloquence en plaidant avec succès au Forum lors du procès de Dolabella en 77 avant JC. Sa carrière politique se déroule normalement malgré qu'il soit dans le parti populaire, il est successivement élu tribun militaire, questeur en 68 avant JC (il visite alors la Gaule padane, où il encourage les cités à réclamer l'octroi de la citoyenneté romaine, et l'Espagne Ultérieure), édile en 65 avant JC et préteur en 63 avant JC. Il se fait aimer de la plèbe en organisant des jeux fastueux, mais aussi en militant pour des mesures d'amnistie, une loi agraire et le rétablissement des pouvoirs des tribuns de la plèbe diminués par Sylla. Devenu veuf, il épouse Pompeia, la petite-fille de Sylla.

En 63, sous le consulat de Ciceron, Jules Cesar réussit à être élu par le peuple comme grand pontife, grâce aux fonds fournis par Crassus. Comme ce dernier, il ne s'implique pas directement dans le complot fomenté par Catilina contre Ciceron (bien qu'à ses yeux, un changement de régime aurait favorisé son ambition), mais il plaide en faveur de la clémence pour les complices. En 62 avant JC, couvert de dettes, Jules Cesar part gouverner l'Espagne Ultérieure en tant que propréteur. Il fait une campagne brillante, rétablit sa fortune et améliore l'administration de cette province tout en y développant sa clientèle et y reçoit le titre d'imperator décerné par ses soldats. De retour à Rome, il trouve Pompee couvert de gloire, mais en butte à l'hostilité des sénateurs, qui refusent de ratifier ses décisions prises en Orient, et de donner des terres à ses soldats démobilisés.

En 60, Jules Cesar conclut une alliance secrète avec Pompee et Crassus... C'est le 1er triumvirat. Jules Cesar en obtient le consulat, à charge pour lui d'exécuter le programme commun. Mais les sénateurs s'opposent à ses propositions de lois, aussi Jules Cesar fait publier les comptes rendus des séances du sénat et s'adresse directement au peuple pour approbation. Sa loi agraire distribue des terres aux vétérans de Pompee. Il confirme le roi d'égypte sur son trône, moyennant le versement d'une énorme somme aux triumvirs. Une loi réduit d'un tiers les sommes dues par les fermiers généraux dans les provinces. Bibulus qui occupe avec Jules Cesar la charge de consul, est réduit à l'impuissance et prépare les procès en nullité des lois votées. Jules Cesar fait ratifier l'œuvre de Pompee en Orient et afin de sceller son alliance, lui donne sa fille unique Julia en mariage. Jules Cesar divorce de Pompeia pour épouser Calpurnia, la fille d'un préteur. A sa sortie de charge, Clodius, un tribun de la plèbe, lui fait attribuer pour 5 ans le gouvernement de la Gaule cisalpine, et de l'Illyrie avec 3 légions. Afin de l'éloigner, le sénat y ajoute la Gaule Transalpine et la Narbonnaise avec une 4eme légion. Mais Jules Cesar ne cessera, depuis la Gaule, de surveiller les événements de la politique intérieure, soutenant toujours le parti populaire contre le parti du Sénat. Son absence dure 9 ans, mais il garde des contacts permanents et revient souvent passer l'hiver en Gaule padane. En 56, à Lucques, Jules Cesar renouvelle son accord avec Pompee et Crassus. Pompee obtient un 2eme consulat en 55 et le gouvernement des provinces ibériques. Crassus obtient lui le commandement des troupes qui vont faire la guerre contre les Parthes. Le gouvernement de Jules Cesar est prolongé pour 5 ans et de nouvelles légions lui sont attribuées.

La guerre des Gaules

En 58 avant JC, les Helvètes veulent traverser la Province romaine pour aller s'installer en Saintonge. Jules Cesar leur barre la route et les repousse sur le plateau suisse, puis il marcha sur le Rhin afin de stopper les troupes Suèves, livra bataille en Haute-Alsace, et vainquit le chef Suèves Arioviste qui n'échappa à la mort qu'en prenant la fuite. Jules Cesar semble alors avoir conquis la Gaule entière, et les peuples Gaulois se rallient à Rome. Jules Cesar devient une immense célébrité à Rome, et le Sénat lui vote 15 jours d'actions de grâce. En 57 avant JC, le pays est totalement soumis, de l'Adour à la mer du Nord. De 56 avant JC à 52 avant JC, Jules Cesar consolide l'autorité de Rome en Gaule, en multipliant les actions militaires mais aussi en jouant sur les rivalités entre les différents peuples gaulois. En 55, Jules Cesar doit de nouveau combattre les Germains et il passe au-delà du Rhin, puis la même année, il débarque en Grande-Bretagne, frappant de plus en plus ses concitoyens d'étonnement et d'admiration. Dès l'automne 54, les Gaulois se révoltent de l'Orléanais à l'Escaut, et dans les combats Jules Cesar perd les effectifs d'une légion et demie. A peine la situation rétablie dans le nord-ouest, la rébellion se déplace vers le sud en 52, menaçant directement la Gaule Cisalpine par les Cévennes. Cependant peu à peu la révolte s'organise en Gaule et Vercingetorix, un chef Arverne, unifie la résistance nationale. Jules Cesar s'empare d'Avaricum (Bourges), mais subit un échec à Gergovie (près de Clermont-Ferrand). La lutte décisive se livre autour d'Alésia (Alise-Sainte-Reine, dans la Côte-d'Or), où la résistance gauloise est battue mais après un long siège. Les dernières poches de résistance sont brisées à Uxellodunum (Luzech, dans le Lot). En 51, la chute de cette place permet une reconquête méthodique du pays. Affaiblie par la perte d'un million d'hommes et d'autant de captifs, la Gaule est contrainte de se soumettre.

Vercingetorix déposant les armes devant Jules Cesar à Alésia.

La guerre civile

A Rome, la position politique de Jules Cesar s'est dégradée pendant son absence, les liens du triumvirat s'étaient dénoués : sa fille, JULIA épouse de Pompee était morte, Crassus avait péri lors d'une expédition contre les Parthes, et Pompee se rapprochait du Sénat et devenait l'homme fort de Rome. Les violents troubles de 52 et l'assassinat de Clodius par Milon procurent à Pompee un consulat sans collègue. En 49, Jules Cesar demande à se présenter aux élections consulaires pour 48, en étant absent de Rome et en restant dans sa province avec son armée. Mais la loi exigeait la comparution personnelle des candidats et Jules Cesar craignait, s'il rentrait seul à Rome, les attaques de ses adversaires. Après un accord entre le Sénat et Pompee, le 11 janvier 49 avant JC, il est demandé à Jules Cesar de licencier son armée et de quitter sa province. Jules Cesar refusant, il transgresse la loi républicaine, franchit le Rubicon (rivière au sud de la Gaule cisalpine) avec ses troupes, envahit l'Italie puis fond sur Rome, empêchant par sa rapidité, la mobilisation du parti adverse. Pompee quitte Rome précipitamment et rejoint l'Orient. En 2 mois, Jules Cesar est maître de toute l'Italie. Il décide alors de réduire à néant les troupes de Pompee installées en Espagne. Passant par Marseille, il est obligé d'assiéger la ville qui lui résiste et dont il s'empare, après un long siège. Puis Jules Cesar vient à bout des troupes de Pompee en Espagne. En 48 avant JC, Jules Cesar, nommé consul, franchit l'Adriatique à partir de Brindes, malgré la présence d'une très importante flotte Pompéienne. Son armée de vétérans est expérimentée, elle se heurte à l'armée de Pompee, bien supérieure en nombre mais mal organisée, dans la plaine de Pharsale, en Thessalie. La victoire de Jules Cesar est totale et Pompee s'enfuit en égypte où il espère trouver refuge, mais le pharaon Ptolemee refuse de lui donner asile et le fait assassiner. En 47 avant JC, Jules Cesar s'attarde en égypte pour régler le différend entre Cleopatre et son frère Ptolemee, il réduit une révolte à Alexandrie, pacifie l'égypte puis il abandonne Cleopatre pour aller vaincre Pharnace, le fils de Mithridate et nouveau roi du Pont, à Zéla. De retour en Italie, il est contraint de repartir en Afrique où les forces républicaines s'étaient reconstituées. Jules Cesar écrase cette armée de 50.000 partisans de Pompee à Thapsus. Caton, son adversaire de toujours, se suicide alors à Utique. De retour à Rome, Jules Cesar doit repartir en Espagne méridionale en mars 45 avant JC, afin d'anéantir une autre armée levée par les fils de Pompee. Jules Cesar en triomphe à Munda, près de Cordoue le 15 mars 45 avant JC : près de 30.000 hommes périssent lors des combats.

Du régime Césarien à l'assassinat

Jules Cesar à Rome, est nommé dictateur à vie, grand pontife, augure, puis imperator à vie. La nature de ses pouvoirs varie, car il alterne dictatures et consulats avant d'obtenir l'inviolabilité tribunicienne et la dictature à vie. Il est l'objet d'un véritable culte, occupe un siège en or dans la Curie, et obtient le droit de frapper des monnaies de Rome à son effigie. Il augmente le nombre des magistrats afin d'être mieux secondé, multiplie les consuls remplaçants et nomme des préfets. De cette manière, Jules Cesar étoffe les cadres administratifs, comble d'honneurs et de ressources ses partisans, rallie des mécontents et constitue un sénat plus docile qu'il porte à 800 membres. Bien qu'en possession du pouvoir absolu, Jules Cesar va gouverner dans l'intérêt général en amnistiant de ses anciens adversaires, en favorisant le retour des exilés politiques, auxquels il confie même souvent de hautes charges. Ce mot d'ordre de clémence lui permet aussi d'obtenir des ralliements (notamment celui de Ciceron) et de s'assurer une légitimité plus conforme aux traditions. Jules Cesar entreprend une série de réformes, dont l'introduction de Gaulois et d'Espagnols au Sénat et la modification du calendrier. Jules Cesar s'efforce de procurer du travail aux pauvres et de reconstituer la classe moyenne. Il donne des terres (Carthage, Narbonne, Arles, Urso) à ses vétérans pour fonder des colonies en Italie, en Afrique ou en Grèce, mais avec obligation de garder leurs terres pendant 20 ans, et leur fait distribuer de l'argent. Jules Cesar prend des mesures de sécurité publique contre les agitateurs, fait dissoudre les associations populaires génératrices de troubles, réforme le système des impôts, impose un contrôle sévère sur la gestion des magistrats et des gouverneurs de province. Il s'appuie en plus de son armée, sur la plèbe de Rome et les notables des provinces occidentales en leur payant des banquets, des divertissements, en entamant de grands travaux publics (grand cirque, forum, place comitiale), en assignant des terres aux pères de famille nombreuse, et enfin en appliquant un moratoire sur les dettes. Jules Cesar ramène le nombre des bénéficiaires nécessiteux à 150.000, et tente d'assurer des distributions gratuites de céréales aux plus nécessiteux. Le sol civique de l'Italie, repoussé au-delà du Pô, atteint le pied des Alpes, et des lois poursuivent l'unification juridique de la péninsule, où Jules Cesar veut limiter le nombre des bergers de condition servile. Dans les provinces, il distribue généreusement le droit de cité à des individus, parfois même à des cités entières (Cadix, Lisbonne), afin de favoriser l'homogénéité de la domination romaine.

Cependant, à Rome, les ennemis de Jules Cesar sont toujours actifs et décidés à le renverser. D'ailleurs, même ses partisans comprennent que Jules Cesar entend demeurer le maître absolu et inaugurer un régime politique novateur. Une conspiration s'organise contre Jules Cesar, regroupant moins de 25 sénateurs, mais qui sont assurés de l'accord de la plupart de leurs pairs, y compris de quelques partisans de Jules Cesar. Les conjurés de ce complot dirigés par Brutus (le neveu de Caton) et Cassius décident d'agir à Rome, où le dictateur est moins protégé. Le but de cette conspiration est la mort du tyran et la restauration de la république oligarchique. Le 15 mars 44 avant JC, Jules Cesar est assassiné, en pleine séance du sénat, au pied même de la statue de Pompee.

Jules Cesar est un personnage complexe, qui a une grande diversité dans ses talents : il est un général de génie, qui a le don du commandement, un sens élevé de l'analyse et de la logique de guerre, c'est un grand stratège militaire qui a une foudroyante rapidité d'action et de réaction. Jules Cesar est un homme politique ambitieux, mais il est aussi un grand seigneur et un démagogue qui ne négligea jamais les lettres, même aux époques les plus actives de sa vie militaire ou politique. Il rédigea des écrits sur la linguistique, la grammaire théorique, l'analogie, la philologie, des poèmes, et 2 ouvrages d'Histoire, "Les Commentaires" sur la guerre des Gaules et sur la guerre civile (qui est demeuré inachevé). "Les commentaires de la guerre des Gaules" est avant tout l'acte d'un chef vainqueur (suite à la reddition de Vercingetorix) qui rétablit les faits à son profit et coupe court aux intrigues et calomnies de ses ennemis politiques. Chacun des livres de la Guerre des Gaules est consacré à l'une des 7 campagnes de Jules Cesar en Gaule. "Les Commentaires sur la Guerre civile" relate les luttes de Jules Cesar contre Pompee, qui se terminèrent par la défaite de ce dernier à Pharsale.

Auteur : Karl Claerhout

Copie autorisée

Version originale : http://perso.wanadoo.fr/karl.claerhout/page18.htm

Date de mise en ligne : 2003-11-20

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