Dernière mise à jour :2008-10-15

sciences

Manoa - Eldorado

La fascination pour l’or est certainement un lien commun entre toutes les grandes civilisations qui ont peuplé notre terre. Sa rareté et sa beauté éclatante en font la crème des métaux.

C’est l’or qui attira les espagnols au Nouveau Monde et qui les poussa à entreprendre la recherche d’un royaume légendaire qui s’est étendu sur plusieurs siècles : La quête de l’Eldorado.

El-Dorado, l’homme doré

Durant la première moitié du 16e siècle, les conquistadores on conquit graduellement le Nouveau Monde, des Aztèques du Mexique aux Incas du Pérou.

En 1538, les espagnols fondèrent la ville de Bogota au Nord-Est de l’Amérique du sud (Colombie). La région était habitée par le peuple muisca (ou Chibcha). C’est par ceux-ci que les espagnols entendirent parlé d’un rituel qui avait lieu à environ 50 kilomètres au nord de la ville, sur la rive du lac Guatavita.

Le rituel de l’El-dorado

Le corps du souverain muisca était enduit de terre humide puis couvert de poudre d’or. Il se plaçait ensuite au centre d’un radeau et à ses pieds, on mettait de l’or et des émeraudes pour qu’il les offre à son dieu.

Quatre grands chefs portant des offrandes l’accompagnait sur le radeau. Des musiciens jouaient trompettes et flûtes pendant que le radeau se dirigeait vers le centre du lac. Arrivé à destination, la musique cessait et El-Dorado faisait son offrande en jetant l’or et les émeraudes dans le lagon aidé des chefs qui l’accompagnait.

L’assèchement du lac Guatavita

Après avoir entendu parlé du rituel, les aventuriers en quête de l’Eldorado entreprirent d’assècher le lac. Vers la fin du 16e siècle (environ 1580), des milliers d’esclaves indiens commandés par Antonio de Sepulveda creusèrent une immense brèche dans la berge du lac (celle-ci est encore visible aujourd'hui). Le niveau de l'eau fût abaissé de 20 mètres. L'explorateur y découvrit de l'or, pas autant qu'il ne l'avait espéré, mais suffisamment pour donner envis à d'autres de tenter leur chance.

Manoa la cité d'or

Avec le temps et le bouche à oreille, le récit du lac se transforma en l'histoire d'une cité fabuleuse où tout était en or. On en vint même dans certain récit à parler d'un immense royaume appelé Manoa (mot d'origine indienne qui signifi lac).

Les expédition à la recherche de l'Eldorado

Première expédition sur l'Amazone

Gonzalo Pizarro organise en 1541 une expédition à la recherche du pays de la cannelle mais aussi, de l'Eldorado. Sa troupe était composée de 220 Espagnols et 4000 indiens. L´expédition mit dix mois à franchir la barrière montagneuse des Andes pour aboutir dans la forêt vierge. Durant cette période plus de la moitié des troupes avaient déserté ou péri. L'expédition s'était arreté au au pied de la rivière Coca. Pizarro fit construire un brigantin (le San Pedro) dans le but de transporter les malades. Mais, la nourriture venant à manquer, Orellana décida d´utiliser ce brigantin pour descendre la rivière Napo à la recherche de riches villages. Il abouti finalement à l'Amazone, et atteint l'Atlantique en février 1542. De son coté Gonzalo Pizarro finit par rentrer à Quito la même année. Sans avoir trouvé la cité tant convoitée, Orellana aura tout de même gagné le mérite d'avoir découvert le plus grand fleuve au monde.

Seconde expédition sur l'Amazone

Le vice-roi, Don Andrès Hurtado de Mendoza, envoit Pedro de Ursua emprunter la même route que Orellana accompagné d'une bande d'explorateurs sans foi ni loi, d´indiens et de 5 navires. L'expédition ne tardera pas à être gâchée lorsque Lope de Aguirre et quelques complices profitèrent d'une escale sur les terres des indiens Machiparo pour se révolter contre Ursua. Ils le tuèrent en janvier 1561 et proclamèrent roi du Pérou un jeune noble, Fernando de Guzman. Aguirre ayant pris les commandes des troupes abandonna la recherche de l'Eldorado, ayant en tête un tout autre trésors, soit, la conquête du Pérou.

Autres expéditions

En 1541, l'aventurier allemand Philipp von Hutten partit de Coro, colonie allemande du bord de mer au Venezuela, et poussa son exploration jusqu'à la région d'Omaguas, située près de l'Amazone. En 1595, l'explorateur anglais sir Walter Raleigh partit également à la recherche de la cité et, de retour en Angleterre, publia un récit romancé de son voyage, dans lequel il décrivit Manoa comme une île du lac Parima, en Guyane.

Conclusion

Pendant plus de deux siècles, le lac figura sur toutes les cartes, avant qu'on découvre que son existence était purement imaginaire. Le terme Eldorado est également employé aujourd'hui pour désigner un lieu fictif aux ressources inépuisables où chacun peut s'enrichir à sa guise. La littérature et en particulier la poésie ont fréquemment fait référence à cette légende.

Auteur : Sylvain Bilodeau

Date de mise en ligne : 2005-05-24

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