Dernière mise à jour :2008-10-07

sciences

Portrait de Napoléon

Général couvert de gloire, à trente ans il devient Premier consul (1800-1804), puis empereur des Français (1804-1815). Génie militaire, figure de proue de l’histoire de France. Despote éclairé, il a modernisé des nations qu'il a conquis. Il a institutionnalisé de nombreuses réformes élaborées pendant la Révolution française. Mythe vivant, ce personnage au destin exceptionnel se confond avec l’histoire de l’Europe qu’il a façonnée en un Empire.

Sommaire

  • Naissance et apprentissage douloureux
    1. Patriote Corse
    2. Education
    3. Jeune officier français
  • Construction de la légende
    1. Général Vendémiaire
    2. Campagne d’Italie
    3. Campagne d’égypte
  • Ascention vers l'Empire
    1. 18 Brumaire et Constitution de l’an VIII
    2. Poursuite de la paix
    3. Les premières transformations
  • Napoléon Ier, Empereur des Français
    1. Empire
    2. Guerres napoléoniennes
    3. Chef dynastique
    4. Bâtisseur d'une nouvelle nation
  • L'aigle baisse la tête
    1. Première abdication
    2. Cent-Jours
    3. Seconde abdication et la mort

Naissance et apprentissage douloureux

Patriote Corse

Né le 15 août 1769 à Ajaccio, un an après l’achat de la Corse par Louis XV à la république de Gênes, Louis Napoleone di Buonaparte est le deuxième fils de Carlo Maria Buonaparte et de Maria Letizia Ramonilo. Issu d’une famille de treize enfants (huit atteignent l’âge adulte, ce sont ses quatres frères : Joseph, Lucien, Louis et Jérome ainsi que ses trois soeurs : Elisa, Pauline, Caroline), il appartient à la petite noblesse corse d’origine génoise : son père renommé charles à la suite du rattachement à la france, avocat, a lutté pour l’indépendance de la Corse contre les troupes royales au côté de Pasquale Paoli jusqu'à la défaite décisive de Ponte-nuovo. Enfant turbulent, querelleur et orgueilleux, "corse de caractère et de nation", il n'admet pas l'annexion de son île pour quelques millions à la France.

éducation

La famille Buonaparte quasiment "fauché" ne peut financer l'enseignement de ses enfants. Aussi Charles sollicite auprès de la royauté une bourse d'études pour l'éducation de ses fils. Elle est accordée afin de récompenser la noblesse corse ralliée à la France. Napoléon et son frère Joseph partent étudier au collège d’Autun (1778), l'un sera prédestiné à la carrière ecclésiastique, l'autre vers les armes. L’année suivante, Napoléon est admis à l’école militaire de Brienne (1779-1784). Il a pour maître de quartier le futur général Pichegru. Il y affirme son caractère et rencontre son condisciple Bourienne. Excellent dans le domaine des Mathématiques, il décroche son diplôme de fin d'étude qui lui permet de rentrer à l’école royale militaire de Paris (1784). On l'imagine destiné à rejoindre la marine. Réservé, taciturne, absorbé par ses études et ses lectures (Plutarque, César...), le jeune homme étonne ses maîtres. L'élève officier Buonaparte, toujours excellent en mathématiques, néglige ce qui ne l'intéresse pas, conservant une écriture déplorable. En 1785, à l’âge de seize ans, il est reçu en qualité de lieutenant en second dans le régiment de l’artillerie de la Fère et affecté en garnison à Grenoble, puis Valence. La même année, la mort de son père le contraint à prendre la défense des intérêts familiaux et à sacrifier sa solde pour l’entretien de ses frères et sœurs. Doué pour les mathématiques, il n’en dévore pas moins des traités d’art militaire, lit les philosophes (particulièrement Rousseau, Montesquieu et Voltaire) et les grands penseurs politiques (dont Mirabeau et Necker). Son caractère farouche d’insulaire le rend insociable, frondeur, sauvage et silencieux avec ses condisciples, dans une métropole où il se sent longtemps étranger. En janvier 1786, il est reçu officier et, en 1787, nommé à Auxonne, où il prend avec lui son frère Louis pour diriger son éducation.

Jeune officier français

Le capitaine Bonaparte à l'âge de 23 ans

Le capitaine Bonaparte à l'âge de 23 ans.

"Les hommes de génie sont des météores destinés à brûler pour éclairer leur siècle"

Bonaparte s’enthousiasme pour la Révolution, d’autant que le mouvement révolutionnaire peut servir ses ambitions : l’abolition des privilèges, la nuit du 4 août 1789, annule le décret cantonnant les petits nobles au rang de cadre inférieur de l’armée, lui ouvrant ainsi toutes grandes les portes de la carrière militaire. Mais dans un premier temps, ses ambitions se concentrent seulement sur son île natale. Pour échapper à l’ennui des nominations de garnison en garnison (Lyon 1786, Douai 1787, Auxonne 1788, Valence 1791), il séjourne souvent en Corse et s’engage dans les luttes politiques de l’île. Il cherche à attirer l'attention de Paoli. Il commande d’abord un bataillon de volontaires et se bat contre les troupes du roi.

Les Paolistes ne voulant pas de lui, il réintègre l’armée royale et nommé capitaine, en 1792, il reprend la lutte en tant que lieutenant-colonel de la Garde nationale d’Ajaccio mais cette fois s’oppose aux paolistes qui cherchent l'indépendance de la Corse sous mendat Anglais. En juin 1793, les paoliste mettent en fuite les français, pillent et incendient la maison familiale d'Ajaccio. Il débarque avec sa famille à Toulon et se rallie définitivement à la France et à la république.

Construction de la légende

Général Vendémiaire

A Marseille, le jeune officier gagne ses galons de capitaine, après avoir combattu un mouvement fédéraliste. Durant l’été 1793, la France est menacée par l’Europe des rois coalisés. Bonaparte, en publiant le Souper de Beaucaire, prend cause pour les Jacobins, se défiant des masses populaires qu’il a vues à l’œuvre à Paris en 1792 (lors de la prise des Tuileries). Il est nommé chef d’artillerie et affecté au siège de la ville de Toulon qui s’est livrée aux Anglais (il y rencontre Junot); par sa science, sa bravoure et son sens stratégique, il fait judicieusement tonner ses canons, contribuant à la prise de Toulon le 17 décembre 1793. "Récompensez ce jeune homme, car si on est ingrat envers lui, il s'avancera de lui-même" déclare Dugommier, général en chef lors de la prise de Toulon. Il est nommé, à l’âge de vingt-quatre ans, général de brigade par le Comité de salut public, puis sollicite le poste de commandant d’artillerie de l’armée d’Italie en mars 1794 (il souhaite être plus proche de sa famille) et devient le protégé de Augustin Robespierre (frère de maximilien). Après la chute des jacobins, le 9 Thermidor, il est mis en état d’arrestation avant d’être rapidement innocenté et libéré. Mais soupçonné de nouveau, il est affecté à l'infanterie. Quand le gouvernement veut l'envoyer en Vendée révoltée, Buonaparte refuse et demande un commandement près de Marseille. Son audace déplaît et un arrêté sanctionne son comportement en le rayant de la liste des généraux. Renvoyé de l'armée, il est mis en congés sans solde. Il erre désormais dans Paris à la recherche de politiques susceptibles de le réintégrer dans l'armée. Il finit par intéresser Barras, un conventionnel qui l'a vu à l'oeuvre à Toulon. Cet homme, devenu l'un des plus puissants de l'assemblée, est aussi bon politicien que piètre capitaine. Les royalistes s'agitant, pour mater un éventuel soulèvement, l'artilleur du siège de Toulon fait bien son affaire. Le 13 vendémiaire an IV (5 octobre 1795), Buonaparte réprime l’insurrection royaliste de Paris dirigée contre le Directoire. En récompense, Barras, devenu directeur, le nomme général de division et commandant en chef de l'armée de l'Intérieur. À cette même époque, il rencontre Joséphine de Beauharnais, une créole veuve d’un général guillotiné et mère de deux enfants, qu’il épouse le 9 mars 1796, sans cérémonie religieuse.

Campagne d’Italie

Promu le 2 mars 1796 commandant en chef de l’armée d’Italie, il est chargé de mener une guerre de diversion et de pillage dans le Piémont et en Lombardie, alors que l’offensive principale doit passer par l’Allemagne pour menacer Vienne. Ce plan est l'oeuvre de Carnot, il présente l'inconvénient de dissocier les forces françaises, en mettant entre elles les massifs alpins, et de diviser le commandement. L'armée que rejoint Bonaparte, après une victoire à Loano, a été réduite à l'impuissance par l'hiver et la famine. Il s'impose auprès de généraux ayant de nombreux états de service en lançant une de ses proclamations célèbres. Malgré le plan initial, il décide d'adopter la tactique qui fera sa gloire, il attaque avec des forces deux fois inférieures. Il mène une campagne foudroyante contre les troupes austro-piémontaises. Grâce à son génie militaire, il remporte victoire sur victoire entre 1796 et 1797 (Lodi, Bassano, Arcole et Rivoli). En prenant Venise, il s’ouvre les portes de Vienne et contraint l’Autriche et ses alliés à conclure la paix (préliminères de Leoben puis traité de Campoformio, 17 octobre 1797) sans attendre les émissaires du Directoire, par laquelle il fonde les républiques sœurs dans le Nord de l’Italie. Partout il organise, ordonne, administre. Avec son butin de guerre, il renforce son aura auprès du gouvernement français et sert sa propre propagande en publiant bulletins et journaux glorifiant ses exploits. Le retour de Bonaparte à Paris, en novembre 1797, est un évênement.

Napoléon lors de la bataille de Rivoli
Napoléon lors de la bataille de Rivoli

Campagne d’égypte

Bonaparte demande à être élu à l'Institut, section mathématiques, et assiste à toutes les séances. Parallèlement, il suit la situation politique qui se dégrade. Il n'est pas dupe, sa grande popularité peut être vite éffacée, et de plus en plus fragile, les membres du Directoire, inquiets de la renommée croissante du jeune général et des menées anglaises, cherchent à éloigner Bonaparte de Paris. Il est proclamé général en chef de l'armée d'Angleterre, visite les ports de la Manche et demande au Directoire de renoncer à son entreprise, les moyens sont dérisoires par rapport à l'objectif. En revanche, il l'estime vulnérable par ses colonnies, notamment l'indes et la route qui y mène, l'Egypte. Voir partir l'ambitieux Bonaparte et une aubaine pour le Directoire, ils le nomment alors à la tête de l’expédition d’égypte (mai 1798). En tant que membre de l'Institut, Bonaparte s'adjoint un bataillon de scientifiques, une centaine de savants qui déchifreront et décriront l'Egypte (Monge, Berthollet, Vivant-Denon...). Sur les traces de son rêve oriental, bercé par le souvenir d’Alexandre le Grand, Bonaparte débarque à Alexandrie le 2 juillet 1798. Il s’assure le contrôle du pays à la bataille des Pyramides (21 juillet 1798). Libérateur du joug mamelouk, il s’applique à apparaître comme un administrateur consciencieux, s’associant aux notables locaux, désireux de redonner à l’égypte l’image de son histoire, celle que redécouvre l’expédition scientifique qu’il entraîne avec lui. Mais le général anglais Nelson, en détruisant la flotte française à la bataille d’Aboukir (août 1798), contraint Bonaparte à faire route vers la Syrie. Le 3 mars, l'armée assiège Jaffa. L'ensemble des soldats et des habitants sont tués. Quelques jours plus tard, une épidémie de peste affaiblie considérablement l'armée. Elle est vaincu lors du siège de Saint-Jean d’Acre. L'armée doit rebrousser chemin jusqu'à Alexandrie et y effectue une dernière bataile victorieuse cette fois, dont Bonaparte saura exploiter pour son retour. Apprenant les revers du Directoire en Italie et la confusion qui règne en France, Bonaparte part clandestinement d'Egypte et débarque à Fréjus le 8 octobre 1799. il est accueillit triomphalement et regagne Paris.

Dans la capitale, tout le monde conspire (Sieyès, Talleyrand, Fouché) on cherche à sauvegarder les principes de la Révolution de 1789 sans revenir aux jacobins, souvenir des années noires de 1793. Mais l'anarchie compromet la liberté et l'égalité. Pour cela, ces conjurés s’apprêtent à donner à la République une autre constitution : il ne leur manque qu’un sabre pour assurer avec autorité le retour au calme.

Ascention vers l'Empire

18 Brumaire et Constitution de l’an VIII

Le 9 novembre 1799 (18 brumaire an VIII), le Conseil des Anciens, où Sieyes à la majorité, décrète, sous prétexte d'une conspiration des jacobins, le transfert des conseils à Saint-Cloud (conseil des Anciens et Conseil des Cinq-Cents) et confie l'exécution du décret à Bonaparte, qui reçoit le commandement de toutes les troupes. Bonaparte se rend à Saint-Cloud est s'adresse en premier lieu au Conseil des Anciens. Une certaine agitation s'ensuit mais Bonaparte les apaisent. Cependant, au Conseil des Cinq-Cents, l'acceuil est moins courtois. Les députés sont en train de faire le serment de maintenir la Constitution. Des cris furieux saluent l'arrivée de Bonaparte qui doit quitter la salle entouré de grenadiers.

Expulsion de Bonaparte au Conseil des Cinq Cents

Expulsion de Bonaparte au Conseil des Cinq Cents

Ce tableau représente la tentative d'assassinat à l'encontre de Bonaparte, imaginée par la propagande. Un soldat ayant son habit percé d'un coup ... de stylet.

Les députés demande à le mettre hors la loi, Lucien, son, président de l'assemblée, essaie en vain de le justifier. Ne pouvant se faire entendre, il dépose ses insignes, sort de la salle, monte à cheval et harangue les troupes de son frère. Au nom du peuple, il somme les soldats d'expulser ces agitateurs. Alors, sur l'ordre de Bonaparte, le général Leclerc envahit l'assemblée. La salle est évacuée sans effusion de sang, mais garde assez de députés pour voter la nouvelle constitution. Le Conseil des Anciens défère le pouvoir exécutif à un Consulat provisoire à la tête duquel ils nomment le général Bonaparte assisté de Ducos et Sieyès. Bonaparte montre vite sa personnalité : en dictant la Constitution autoritaire de l’an VIII (refonte de la première constitution de Siéyes), il renforce à son profit le pouvoir exécutif, se réservant l’initiative des lois et la possibilité d’avoir recours au plébiscite.A l'étonnement des incrédules, l'homme de guerre se montre un administrateur consommé. En quelques jours, par son gouvernement, il inspire confiance. Sous ce nouveau régime inaugurant une forme de gouvernement direct, il devient Premier consul (assisté de Cambacérès et Lebrun, dont le rôle n’est que consultatif) et émiette le pouvoir législatif en assemblées dénuées de prérogatives. Déjà assuré de tous les pouvoirs, le plébiscite de 1802 confirme sa popularité et la Constitution de l’an X le désigne consul à vie.

poursuite de la paix

Les premières mesures des Consuls sont empreintes d'esprits d'apaisement et de conciliation. les proscrits sont rappelés, la loi des otages supprimée, l'impôt forcé progressif annulé... Parmi les réformes administratives immédiatement mises en chantier, l'instauration des prêfets, la fonctionnarisation des juges. La paix intérieure se gagne d'abord à l'Ouest. Les chouans sont maîtrisés avec l'intervention d'importantes troupes de l'armée. Leurs chefs sont emprisonnés et la plupart exécutés. Reste les Jacobins. Ils écopent de l'attentat de la Rue Saint-Nicaise alors que les véritables responsables sont les royalistes. L'opposition de gauche est brisée. La preuve de a culpabilité des chouans ayant été établie, les réseaux royalistes sont démantelés. L'opposition de droite est réduite à l'impuissance.

À l’extérieur, Le premier Consul, rompant avec tous les usages, écrit des lettres au Roi d'Angleterre ainsi qu'à l'Empereur d'Autriche déplorant la guerre qui a sévit. Mais celles-ci ayant reprient les armes, il décide de nouvelles campagnes, pour contrer la deuxième coalition. Il triomphe à Marengo en Italie (14 juin 1800), de même que Moreau à Hohenlinden en Allemagne (3 décembre 1800), ce qui contraint l’Autriche à confirmer la paix de Campoformio par celle signée à Lunéville le 9 février 1801 et garantit le Rhin comme frontière orientale de la France. Bonaparte est au comble de la popularité, il vient de donner à la France une paix glorieuse. Avec l’Angleterre, Bonaparte signe la courte paix d’Amiens, le 25 mars 1802. Après dix ans de guerre en Europe, le Premier consul parvient à établir une paix fragile mais essentielle, puisque, déjà, elle est la reconnaissance de sa puissance. Parallèlement, il donne une constitution à la Hollande, devient médiateur de la Confédération des cantons suisses (19 février 1803), président de la République italienne après avoir annexé Parme et le Piémont.

Premières transformations

Afin d’organiser la paix napoléonienne, Bonaparte met en place de nombreuses réformes. Il rassure la bourgeoisie en réaffirmant la liberté d’entreprise et en renonçant au concept aristocratique de la propriété. En créant la Banque de France, en assurant une monnaie stable (le franc germinal qui subsistera jusqu'en 1914) et grâce aux butins de ses conquêtes, il réorganise les finances de l’état. Au niveau économique, pour redonner confiance aux entrepreneurs, il interdit les grèves et, pour l’ouvrier, réintroduit l’obligation du livret de travail, le soumettant à la surveillance.

L'oeuvre la plus importante du Consulat dans la réconciliation nationale est la Restauration du culte catholique. Bonaparte a compris qu'une société ne peut vivre sans religion et que l'on ne peut, par les seuls décrets, rompre avec 15 siècles de catholicisme. Il signe avec Pie VII le Concordat du 15 juillet 1801, auquel ll ajoute, neuf mois après, les lois organiques.

En créant l’ordre de la Légion d’honneur (18 mai 1802), il cherche à fonder une nouvelle élite fondée non plus sur les privilèges, mais sur le mérite civil et militaire. De même, en 1802, il développe l’enseignement public avec la création des lycées, dispensant une instruction à la fois scientifique et classique; ainsi favorise-t-il cette bourgeoisie dont il cherche à obtenir le soutien. Cependant, il prolonge la confiscation des libertés politiques, rétablit la censure à l’encontre de la presse et réduit l’opposition en développant une surveillance policière efficace et continue. Il réorganise la sécurité intérieure du pays, en confiant la Sûreté à Fouché.

En échange des libertés confisquées, il entreprend une réorganisation de l’ensemble de l’appareil administratif et juridique. En créant, dans le cadre du département, la fonction de préfet, relais direct de son autorité chapeautant les collectivités locales existantes, il contribue à perpétuer la centralisation administrative commencée sous l’Ancien Régime et prolongée par la Révolution. Dans le domaine administratif, il promulgue le Code civil (appelé également Code Napoléon à partir de 1807) le 21 mars 1804. Cette unification de la législation lui permet d’assurer la libre entreprise, de garantir l’inviolabilité de la propriété privée et de réaliser, une fois encore, un audacieux compromis qu’il n’a de cesse de prolonger (par le Code des procédures civiles en 1806, du commerce en 1807, d’instruction criminelle en 1808 et le Code pénal en 1810), modifiant durablement et profondément les structures juridiques de la France.

Napoléon Ier, Empereur des Français

Empire

En 1804, l'opposition est toujours décelable. Cadoudal formente un enlèvement à l'encontre du Premier Consul avec le soutien Anglais. Il est arrêté et parle d'un prince qui doit venir en France. Le 15 mars 1804, Bonaparte sur le conseil de Talleyrand fait enlever et exécuté Louis de Bourbon-Condé, Duc d'Enghien. Leurs morts ne provoque aucune émotion. Fouché pousse le Sénat à inviter le Premier consul à "achever son ouvrage en le rendant immortel comme la gloire". Le 10 mai 1804, le Sénat vote à l’unanimité l’instauration du gouvernement impérial, proclamant Napoléon empereur héréditaire des Français. Le 2 décembre 1804, après avoir épousé religieusement Joséphine, celui qui s’appelle désormais Napoléon Ier est sacré empereur par le pape Pie VII à Notre-Dame de Paris. Le 16 mai 1805, Napoléon part à Milan. Il prend, sur l'autel de la cathédrale, la couronne de roi d'Italie et se la pose sur la tête. A la demande des Génois, il annexe la République ligurienne à l'Empire. Empereur et roi, il est aussi médiateur de la confédération helvétique.

Napoléon Bonaparte devient Napoléon Ier le 2 décembre 1804.

Le pape Pie VII, qu'on avait persuadé de venir officier, fut devancé au moment crucial par Napoléon, qui prit la couronne et la plaça lui-même sur sa tête (geste qu'aurait déjà accompli Charlemagne).

Napoléon Bonaparte devient Napoléon Ier

Guerres napoléoniennes

En avril 1803, l’Angleterre rompt la fragile paix d’Amiens. Deux ans plus tard, l’Autriche, la Russie, la Suède et Naples la rejoignent dans la troisième coalition. Napoléon arme alors une flotte à Boulogne, avec l’idée d’envahir l’Angleterre. Mais l'immobilisme de la flotte le conduit à oublier l’épine anglaise et à retourner ses troupes contre les Autrichiens et les forces austro-russes. Les premiers sont défaits à Ulm le 20 octobre 1805, les secondes mises en déroute lors de la bataille d’Austerlitz le 2 décembre. La cinglante défaite navale que lui inflige Nelson à Trafalgar, le 21 octobre 1805, lui paraît être effacée par les victoires. En réalité, elle a déjà sonner le glas de l'Empire. Le traité de Presbourg, signé le 26 décembre 1805, clôt la coalition. L’Autriche cède la Vénétie, le Tyrol, le Trentin, l’Istrie et la Dalmatie. Napoléon offre le royaume de Hollande à son frère Louis, regroupe seize états allemands dans la Confédération du Rhin (12 juillet 1806), enlève le royaume de Naples aux Bourbons et y couronne son frère Joseph.

La Prusse forme alors une nouvelle coalition avec l’Angleterre et la Russie. Elle est battue à Iéna et à Auerstedt (14 octobre 1806). En Pologne, Napoléon affronte l’armée russe. Il emporte une victoire peu convaincante à Eylau (8 février 1807) mais décime les Russes à Friedland (14 juin 1807). En juillet, il signe avec le tsar Alexandre Ier le traité de Tilsit, lequel ébauche une alliance salvatrice avec la Russie, émiette la Prusse et donne à Jérôme Bonaparte le royaume de Westphalie et le grand-duché de Varsovie.

En novembre 1806, il instaure le blocus continental dans l’espoir de conduire l’Angleterre à la faillite commerciale. Pour s’assurer l’étanchéité du blocus, il s’empare du Portugal en novembre 1807, annexe l’étrurie en 1807, occupe les états du pape et prend Rome en 1808. En Espagne, il fait abdiquer en sa faveur Charles IV et place son frère Joseph sur le trône. C’est compter sans le mécontentement des Espagnols. Madrid se soulève, et malgré quelques victoires, la guérilla espagnole se prolonge, entretenue par les Britanniques. Coûteuse en hommes et en mobilisations, la campagne d’Espagne qui perdure est le premier revers de l’Empire napoléonien.

En 1809, Napoléon bat à nouveau les Autrichiens à Wagram (6 juillet) et occupe Vienne, où il signe une nouvelle paix, le 14 octobre. Il annexe l’Illyrie et les états pontificaux, puis Brême, Lübeck, et plusieurs régions au nord de l’Allemagne ainsi que la totalité du royaume de Hollande, à la suite de l’abdication qu’il impose à son frère, l’indocile Louis Bonaparte qui a refusé l’application du blocus continental dans son royaume.

Napoléon

Cette époque marque l’apogée de l’Empire napoléonien qui s’étend sur 130 départements et 750 000 km², gouvernant 70 millions d’habitants.

Chef dynastique

Napoléon organise une cour impériale digne des fastes de l’Ancien Régime. Il crée une noblesse d’empire pour récompenser ses plus grands généraux, maillons essentiels et fidèles de ses victoires. Il fonde des royaumes en Europe, états satellites adossés à l’Empire, à la tête desquels il place les membres de sa famille.

En 1805, il désigne son beau-fils, Eugène de Beauharnais, comme son héritier en le nommant vice-roi d'Italie, dont il se proclame lui-même roi. En avril 1810, après avoir divorcé de l’impératrice Joséphine qui ne lui a pas donné d’enfant, il épouse la fille de l’empereur d’Autriche, Marie-Louise. En s’alliant ainsi aux Habsbourgs, il espère légitimer sa dynastie et particulièrement son fils, François Charles Joseph, le jeune roi de Rome qui naît en 1811. Malgré les dérives de grandeur imitées de l’Empire romain, Napoléon Ier réussit, par cette habile politique, à faire disparaître toute opposition intérieure.

La naissance du roi de Rome le 20 mars 1811, assure la succesion dynastique. Cette naissance marque deux ans de paix relative où l'Empire connait son apogée géographique.

Marie-Louise et l'Aiglon

Bâtisseur d'une nouvelle nation

Tout en menant la guerre en Europe, Napoléon s'occupe de la France. Il exige une gestion sévère et habile des deniers publics, et cherche à équilibrer les recettes et les dépenses sans faire appel à l'emprunt. Les contributions étrangères enrichissent son budget et lui permettent d'entreprendre d'immenses travaux sur tous les points du territoire. Il prolonge ainsi l’œuvre réformatrice commencée sous le Consulat et contribue, par sa diffusion dans toute l’Europe, à abolir la féodalité de l’Ancien Régime et à dessiner les prémices d’une unité européenne. Chaque état dépendant de l’Empire reçoit une constitution établissant le suffrage universel, créant un Parlement et intégrant une déclaration des droits sur le modèle révolutionnaire. Le Code Napoléon est introduit partout, et la justice est réformée sur le modèle français. Napoléon propage le système administratif centralisateur et l’enseignement public, ouvrant à tous l’enseignement supérieur.

Napoléon dote la France d'institutions solides en créant l'Université, le conseil de prud'hommes (1806), la cour des comptes (1807). Sa politique de grand travaux l'amène a créé ou agrandir de nouveaux ports (Cherbourg, Anvers...). Il érige d'importantes lignes de navigation intérieure (Nantes - Brest). De nouvelles routes apparaissent ouvrant le commerce notamment en Vendée. Mais surtout, il veut faire de Paris la plus belle des villes : canal Saint Martin, cimetière du Père-Lachaise, unification du palais du Louvre et des Tuileries (achevé sous Napoléon III), Arc de triomphe aux tuileries (carroussel) et sur les Champs-Elysées (il ne le verra pas achevé) et la colonne vendôme sur laquelle est inscrite la campagne d'Austerlitz. Il veut dédié un temple à la gloire de la Grande Armée (il deviendra l'église de la Madeleine). La Bourse est également commencée, le Panthéon achevé... Le blocus renforce l'industrie française. Les entreprises chimiques et textiles connaissent une prospérité nouvelle. Néanmoins, les entreprises liées à l'exportation sont contraintes à faire faillite.

L’Aigle baisse la tête

Première abdication

Tant que les deux empires de France et de Russie ont été séparés par d'autres royaumes, l'alliance a pu se maintenir. Mais désormais ils se touchent. Après s'être entendus pour partager le monde, les deux empereurs se croient menacés l'un par l'autre. Alexandre, depuis la fin de 1810, s'arme, bien décidé à la guerre. De son côté, Napoléon réunit à nouveau la Grande Armée et, en mai 1812, en représailles envers le tsar qui s’apprête à s’unir aux aristocraties coalisés, Napoléon prend le commandement de la campagne de Russie. Le 14 septembre, il pénètre à Moscou, mais l’incendie qui ravage la ville détruit le ravitaillement de ses troupes. Avec l’hiver qui commence, il lui est impossible de poursuivre l’armée du tsar. La retraite de Russie est une longue marche de retour, désastreuse, elle décime la belle armée partie un an plus tôt.

Malgré la montée du mécontentement intérieur, la saignée démographique masculine due à la multiplication des conscriptions et la conspiration du général Malet à Paris, Napoléon réunit une armée de jeunes conscrits, les "Marie-Louise". Alors que la Russie prend la tête de l’opposition qui ligue la Prusse, l’Allemagne, l’Autriche et l’Angleterre, Napoléon parvient à remporter de nouvelles victoires à Lützen et à Bautzen en mai 1813. L’armistice conclu par le chancelier autrichien Metternich est de courte durée; Napoléon est battu à Leipzig en octobre et se replie en France. L’Allemagne est abandonnée, la Hollande s’insurge, et Joseph, défait à Vitoria en juin, quitte la péninsule Ibérique. La France est envahie. Malgré les désertions, Napoléon parvient à lever encore 60 000 hommes. La campagne de France est peut être l'apogée du génie militaire de l'Empereur qui tient tête aux coalisés malgré leur immense supériorité numérique, mais les maréchaux ne voulant plus combattre livrent Paris le 31 mars 1814. Napoléon est déchu par le Sénat le 3 avril. Le traité de Fontainebleau, signé le 11, confirme son abdication sans conditions.

Le coup d'Etat

Le 6 avril 1814, Napoléon quitte le trône. Ses propres maréchaux lui présentent l'acte d'abdication.

Les Alliés lui concèdent alors, comme seul royaume, l’île d’Elbe en Méditerranée, où il s’exile avec quelques fidèles après un dernier adieu à son armée. Marie-Louise et son fils, l’Aiglon, sont confiés à la garde de l’empereur d’Autriche.

Cent-Jours

L'Empereur n'a pas tardé à trouver son île bien étroite. Il sait qu'il y a des espions partout et agit comme s'il était résigné à son sort. Toute l'Europe le croit devenu un souverain bourgeois, mais elle le craint toujours. Napoléon est à l'écoute de tous les bruits qui lui arrivent de France. Il voit le fragile régime du roi Louis XVIII accumuler les fautes et leur impopularité grandir. Menacé d'être enlevé dans son île, il préfère tenter encore une fois la fortune. Il s’échappe de l’île d’Elbe et débarque à Golfe-Juan. Il marche alors sur Paris, remontant d’un vol d’aigle la route qui prend bientôt son nom, gagnant à sa cause les troupes envoyées pour le capturer, soutenu par le peuple fidèle et rejoint par les combattants qui ont servi au cours de ses campagnes. Quand il arrive aux Tuileries, Louis XVIII a déjà fui. Pas un coup de fusil n'a été tiré pour défendre les Bourbons, pas une goutte de sang n'a été versée pour le rétablissement de l'Empire. Pour donner un gage aux libéraux, Napoléon confie le ministère de l'Intérieur à Carnot, républicain intègre. En même temps, il supprime les titres de noblesse féodale, brise les entraves de la presse, rend la nomination des maires à l'élection. L'Acte additionnel aux constitutions de l'Empire, proche de la Charte de Louis XVIII, est promulgué le 26 mai. Napoléon sait qu'il va avoir à combattre et, hormis une guerre étrangère, une guerre civile: les royalistes prennent les armes en Vendée. Les coalisés, alors réunis en congrès à Vienne, déclarent l'Empereur hors la loi et décident de marcher sur la France. Pour éviter que les armées coalisées ne se rejoignent en Belgique, l’Empereur prend l’initiative de l’attaque et bat les Prussiens à Ligny le 16 juin. Mais à Waterloo, le 18 juin 1815, il est vaincu par les armées de Wellington, rejointes par celles de Blücher. Napoléon souhaite continuer la lutte, mais l’hostilité des députés le pousse à abdiquer une nouvelle fois, le 22 juin.

Seconde abdication et la mort

La prodigieuse aventure est bien finie. Ayant perdu tout appui politique et n’ayant pas réussi à retrouver l’alliance déterminante des notables, dont il a pourtant assis la situation, Napoléon se réfugie à Rochefort. Il embarque sur le navire britannique Bellerophon et est exilé à Sainte-Hélène, île rocheuse désolée, "tombeau du Titan", battue par les vents au sud de l’océan Atlantique. La fulgurante épopée se clôt sur un bilan bien lourd. Un million de soldats étrangers occupent durement le territoire national, lequel de surcroît est amputé. La France de la Révolution est punie. Le ressentiment national contre le drapeau des rois et des nobles, contre les fourgons de l'étranger, le rêve de revanche, voilà ce que laisse Napoléon aux Français, bien aidé par des royalistes haineux, qui se lancent dans la Terreur blanche où les nobles deviennent plus royalistes que les rois. Les temps napoléoniens sont terminés, ils prennent maintenant les couleurs de la légende. Napoléon passe les six dernières années de sa captivité à Sainte-Hélène avec quelques fidèles, tel Emmanuel de Las Cases auquel il dicte le Mémorial de Sainte-Hélène. Il meurt le 5 mai 1821

L'Empereur dictant ses Mémoires à Las Cases

Napoléon dictant ses Mémoires à Las Cases

Auteur : Clément Miranda

Copie autorisée

Version originale : http://perso.wanadoo.fr/buddyop/napoleon/biographie/bio1.htm

Date de mise en ligne : 2002-11-17

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