Dernière mise à jour :2008-11-22

sciences

L'héraldique est la science qui a pour objet l'étude des armoiries. Ces armoiries se définissent comme des emblèmes en couleurs, propre à un individu, à une famille ou à un groupe. étant donné que chaque emblème est unique, cela permet nettement de distinguer le système héraldique médiéval européen de tous les autres systèmes d'emblèmes, antérieurs ou postérieurs, militaires ou civils.

L'héraldique est à la fois un code social et un système de signes. Ce dernier se construit à partir de figures et de couleurs qui, à l'intérieur des écus, s'assemblent selon un certain nombre d'habitudes, de principes et de règles. L'ensemble de ces règles et du répertoire des figures et des couleurs forment une sorte de grammaire que l'on appelle le blason.

Né au Moyen Age, l'art héraldique (ou science des blasons) a développé un système graphique efficace et harmonieux d'emblèmes qui, par son esthétique et sa qualité évidente de prestige, ont su traverser les siècles. Qui n'a pas admiré ces couleurs chatoyantes, ces lions élancés, ces aigles déployés ou cette gracieuse fleur de lys, présents sur de nombreux édifices? Aujourd'hui comme hier, l'art héraldique permet de façon élégante de distinguer une personne, un groupe, une collectivité en lui faisant adopter des armoiries.

Les armoiries sont nées en Occident sur les champs de batailles, car le port de l'armure et du heaume rendaient difficile l'identification des chevaliers lors des tournois et des mêlées. Le blason était alors considéré au même titre que le nom patronyme. Les blasons n'étaient pas réservés à la noblesse, mais plutôt disponibles à toutes les classes sociales.

A l'origine destinées à distinguer amis et ennemis au cours d'un affrontement, les armoiries sont composées de signes appelés connaissances ou reconnaissances. On eut d'abord recours au contraste entre les couleurs claires et les couleurs foncées. Puis, afin de multiplier les possibilités de distinction, on y ajouta des figures, dont l'efficacité repose sur la clarté des contours, voire sur l'exagération de certains détails parfois rehaussés de couleurs, tels que les griffes d'un lion, le bec ou les serres d'un aigle, les cornes d'un taureau...

Un écu offre en premier lieu une surface, appelée champ, unie ou divisée par un trait déterminant des partitions. Le champ peut porter une ou plusieurs figures : ce sont les meubles. La multiplication des traits de partition (ceux-ci peuvent être droits, courbés, brisés, ou revêtus de différents graphismes), provoque la naissance des rebattements ou des pièces honorables. La division de l'écu délimite des zones appelées points, à ne pas confondre avec les quartiers résultant de la combinaison de plusieurs blasons. Les pièces honorables, notamment la croix et le chevron, constituent des surfaces que l'on peut également orner de meubles.

Si les blasons ont conservé longtemps un rôle militaire d'identification, leur représentation est devenue très tôt un art graphique à part entière, dépassant le cadre strict de l'écu. On remarque donc fréquemment que les blasons sont entourés de multiples ornements annexes, dits extérieurs, dont le rôle est soit de renforcer le caractère somptueux, soit de marquer une dignité. Au XIIe siècle, les artistes s'inspiraient de ce qu'ils voyaient: le chevalier ou son écuyer portant le bouclier fournissait aux illustrateurs des modèles quotidiens et vivants de tenants qui ont évolué au fil des ans, jusqu'à leur complète intégration aux armoiries. Les tenants peuvent être des chevaliers, des écuyers ou des serviteurs, mais aussi des saints ou des anges, des hommes, sauvages ou tout autre figure humaine, seule ou en couple.

Les blasons peuvent également être maintenus par des animaux, réels ou imaginaires, qu'on nomme supports. Le lion reste l'animal le plus utilisé pour ces supports, même s'il ne figure pas dans le blason. On observe de nombreuses variantes: lion unique ou en paire, couronné ou portant un heaume, et dans des attitudes multiples. Les animaux fabuleux tirés des bestiaires médiévaux fournissent encore des modèles de supports largement exploités: griffons, aigles, dragons, licornes, sirènes, quadrupèdes de toutes sortes.

Les règles héraldiques

Six couleurs sont utilisées dans les écus. Ces couleurs sont absolues et les nuances n'ont pas d'importance. Par contre, l'idée de la couleur doit rester indépendante de sa teinte.

L'ARGENT représente la lumière, la pureté et la vertu. Sous son aspect négatif, il rappelle la lune, la lividité cadavérique et le linceul.

L'OR est signe de lumière céleste, d'audace, de supériorité, de volonté et de puissance. Au négatif, il désigne la trahison, la culpabilité, la jalousie et l'inconstance.

Le SABLE, qui est la négation de la lumière, évoque la prudence, la sagesse et la constance, mais aussi la régénération. En aspect négatif, il est symbole d'abandon, de lâcheté et de tristesse.

Le SINOPLE désigne la courtoisie, l'honneur, la joie, l'espérance et la vigueur du chevalier. A l'inverse, il signifie vengeance et folie.

L'AZUR est signe de loyauté, chasteté, justice, vérité et fidélité. Parfois, il pouvait aussi représenter vide et froideur.

Le GUEULES est associé à l'amour, la vaillance, la vigueur, la passion et le besoin de conquête. Inversement, c'est la cruauté, la fureur, le carnage, la colère et la haine.

La règle interdit de juxtaposer ou de superposer deux couleurs appartenant au même groupe. Il y a toutefois une exception pour les petits détail tels que la langue ou les griffes des animaux. Par exemple, si le champ d'un écu est rouge, l'emblème dessinée ne pourra être sinople, azur ou sable.

Les figures des emblèmes sont très variées. N'importe quel animal, végétal ou forme géométrique peut devenir un blason. Les plus populaires étaient le lion, l'aigle, la licorne, le griffon ainsi que le dragon. Le champ de l'écu peut être divisé en plusieurs quartiers. L'écu ne doit pas être surchargé de détails car l'identification se ferait difficilement.

Auteur : Marie-Sophe Racine

Copie autorisée

Version originale : http://www.lespreuxchevaliers.com

Date de mise en ligne : 2005-02-03

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