Dernière mise à jour :2008-09-18

arts et culture

« Tout a commencé par une souris ». Vous connaissez sûrement cette célèbre citation de Disney, ce dernier avait pourtant déjà presque 10 ans de métier et avait connu une certaine notoriété avec des séries comme les « Alice’s Comedies » ou les « Aventures de Oswald le lapin » quand Mickey Mouse voit le jour.

La naissance de Mickey

De 1924 à 1928, les productions des « Disney Bros Studios » sont distribuées par Charles Mintz avec qui Walt connaît constamment des désagréments et ce jusqu’en février 1928 où Mintz, souhaitant réduire ses rétributions à l’égard de Walt, prend le soin de mettre de son côté tous les animateurs de Disney (à l’exception de Ub Iwerks). Le deal est clair : soit Walt accepte de voir le prix d’un épisode de Oswald passer de 2250 à 1800 dollars ou Mintz continue les aventures d’Oswald sans Disney !

Oswald, l'ancêtre de Mickey Mouse
Ci-dessus : Oswald, l'ancêtre de Mickey

Walt refuse et la légende veut que, plein d’amertume, celui-ci ai inventé le personnage de Mickey Mouse alors qu’il se trouvait avec sa femme Lillian dans le train qui le ramenait de son entretien avec Mintz à New-York. Initialement baptisé Mortimer, c’est Lillian qui aurait donné son nom à Mickey.

En vérité, si Walt Disney est le père spirituel de Mickey (il lui prêtera même sa voix dans les courts-métrages pendant 20 ans), Ub Iwerks a insufflé forme et vie à la souris. D’ailleurs, Mickey –formé à base de cercles, ce qui simplifie grandement son animation - n’est qu’une déclinaison en souris du lapin Oswald, la ressemblance est sans équivoque !

Ub Iwerks, le papa de Mickey Mouse
Ci-dessus : Ub Iwerks, le papa de Mickey

Communément, on cite « Steamboat Willie » (18 novembre 1928) comme étant le premier court-métrage où Mickey Mouse fait son apparition, il s’agit en fait du troisième mais sa notoriété s’explique du fait qu’il s’agisse du premier dessin-animé sonore. En effet, Mickey a déjà fait deux apparitions au cours de l’année 1928, la première dans « Plane Crazy » (entièrement animé par Ub Iwerks) et la seconde dans « Gallopin’ Gaucho ».

Assisté de Les Clark notamment, Ub Iwerks animera les 15 premières apparitions de sa création, c’est à dire jusqu’à « Wild Waves » qui sort sur les écrans le 25 avril 1930.

À l’époque bien sûr, le travail d’animation est moins rigoureux, loin d’être exempt de défauts. Tout repose sur les facéties de Mickey, un personnage beaucoup moins bien pensant qu’aujourd’hui et plus proche des vedettes de l’époque comme Félix le Chat ou Charlie Chaplin.

Dans le milieu des années 30 avec l’arrivée de la couleur, les progrès techniques et l’importance grandissante que prend la maison Disney, l’animateur Fred Moore révisera le physique de Mickey, lui donnant des proportions plus honnêtes : une tête en forme de globe ou un corps plus épais.

Mickey Mouse dans Steamboat Willie (1928)
Ci-dessus : Mickey dans Steamboat Willie (1928)

L’euphorie des années 30

Le public accroche immédiatement au personnage de Mickey. Dès 1929, des clubs Mickey sont créés tandis que le merchandising se développe (et oui, déjà à l’époque), ainsi, le premier produit dérivé est un bloc-note à l’effigie de la souris tandis que Charlotte Clark initie la production de poupées Mickey !

Le 15 mai 1930 voit aussi la déclinaison des aventures de Mickey en bande-dessinée. Un journal lui est même entièrement consacré en Italie à la fin 1932, il s’agit de « Topolino ». En 1933, c’est le « Mickey Mouse Magazine » qui voit le jour aux Etats Unis et les français auront le droit au « Journal de Mickey » en 1934.

Le public n’est pas le seul à réagir avec engouement, en 1932, Disney reçoit un oscar d’honneur.

Le 16 mars 1935, le dernier court-métrage de Mickey en noir et blanc sort sur les écrans, les prochains seront en couleurs, à commencer par « The Band Concert » mais le gros de la carrière de Mickey est passé… Dès à présent, Mickey partagera l’affiche avec Donald et Dingo qui ont rejoint l’univers Disney, les dessins-animés avec le « trio » sont encore aujourd’hui les plus populaires, parmi eux : « Clock Cleaners », « Lonesome Ghosts », « Boat Builders » ou « Mickey’s Trailer ».

Walt Disney et les poupées de Charlotte Clark
Ci-dessus : Walt Disney et les poupées de Charlotte Clark

Le déclin

À la fin des années 30, les apparitions de Mickey sont de plus en plus rares mais toujours de qualité, l’univers Disney s’est enrichi d’un grand nombre de personnages bien plus faciles à mettre en scène. Donald, par exemple, est la nouvelle coqueluche qui est parvenue à éclipser Mickey. Que reproche t’on à la souris ? D’être trop sérieuse, trop moralisatrice, ce n’est pas le genre de personnage à glisser sur une peau de banane ! Alors que sa carrière s’essouffle considérablement, Mickey obtient paradoxalement le rôle de sa vie en 1940 dans « Fantasia » où il est le personnage principal du segment de l’Apprenti sorcier, cette séquence, la moins abstraite du film, est devenue une pièce d’anthologie du cinéma d’animation !

Après des années de vache maigre (certaines années, il n’a aucun court-métrage à son actif), Mickey tire sa révérence le 18 avril 1953 avec « The Simple Things » alors que Donald remporte toujours un franc-succès et continue l’aventure des courts-métrages jusque dans les années 60 !

Mickey Mouse en Apprenti Sorcier
Ci-dessus : Mickey en Apprenti Sorcier

Et après…

Côté animation, il faut attendre 1983, soit 30 ans après « The Simple Things », pour retrouver la souris dans « Mickey’s Christmas Carol » (« le Noël de Mickey »). En 1990, il refait une apparition dans « The Prince and the Pauper » (« le Prince et le Pauvre »). Sa dernière prestation dans un court-métrage remonte à 1995 dans « Runaway Brain » (« Mickey perd la tête ») où l’on a pu découvrir un Mickey Mouse rajeuni, accroc aux jeux vidéo.

Par ailleurs, Mickey sévit actuellement sur Disney Channel dans de nouvelles aventures télévisuelles telles que « Mickey Mouse Works » ou « Tous en boîte ».

Dans l’univers de la bande-dessinée, Topolino ou le Journal de Mickey affichent 70 ans d’existence au compteur mais notre chère souris a troqué le burlesque qui lui allait assez mal contre l’énigme policière. Epaulé par son ami Dingo, Mickey joue désormais les détectives sous les ordres du commissaire Finot et poursuit sans relâche des criminels comme Pat Hibulaire ou le Fantôme Noir.

Malgré sa déchéance rapide dans le milieu du dessin-animé après s’être fait supplanté par Donald notamment, Mickey fête aujourd’hui ses 75 ans et n’a aucunement perdu sa place de privilège, à savoir celle d’ambassadeur et de représentant de l’empire Disney. Partout, il est constamment fait référence à la souris : le logo de Disney Channel est formé à base de trois cercles qui symbolisent la frimousse de Mickey (le visage et les oreilles). Les citernes d’eau à l’entrée des « Studios Disney-MGM » et des « Walt Disney Studios » sont elles aussi surmontées des oreilles de Mickey.

Après 10 années de monopole dans l’univers Disney qui lui ont permis de nouer avec le succès, Mickey est en fin de compte vite devenu une institution, un symbole plus qu’un véritable personnage de mise en scène.

Auteur : Erwan Floch

Copie autorisée

Version originale : http://perso.wanadoo.fr/jcmy

Date de mise en ligne : 2005-02-16

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