Dernière mise à jour :2008-10-15

sciences

Louis Damblanc

Louis Damblanc Nationalité : Français
Dates : 1889-1969
Apport : Séparation des étages, amélioration des fusées à poudre.

Né le 29 Juin 1889 à Lectoure (Gers), Louis Damblanc termine ses études à l'école d'ingénieurs de Grenoble. Conseiller en aéronautique, il mène dans ce domaine différents travaux à partir de 1917, portant d'abord sur les hélicoptères, puis sur une technique de moteurs à taux de compression variable. Il fonde le périodique l'aviation française, ainsi que plusieurs journaux d'opinion. Il s'engage politiquement (maire de Fleurance, membre du PRS, proche d'Aristide Briand) et fait différentes propositions concernant les infrastructures, l'interdiction des armes chimiques ou encore la construction d'une Europe économique.

Il travaille sur les fusées dans les années trente, au sein de l'institut aéronautique de Saint-Cyr puis de l'école centrale de pyrotechnie. Alors que K.Tsiolkovsky avait depuis 40 ans compris l'intérêt théorique des fusées à étages, personne n'en avait encore réalisé. Damblanc y parvient, réalisant un système actionnant le deuxième étage à l'aide d'une minuterie dont il dépose les brevets à partir de 1936. Un peu plus tard, il réalise une fusée à trois étages, qui est également la plus grande fusée française d'avant-guerre. Ses moteurs à poudre sont très performants pour l'époque.

La séparation des étages n'est pas son seul apport relatif aux fusées. Il réalise aussi un banc d'essais, révolutionnaire pour l'époque, capable d'enregistrer de façon permanente et automatisée un grand nombre de variables, faisant ainsi progresser fortement les moyens d'essais des fusées au sol, et envisage de nombreuses applications de fusées atterrissant à l'aide d'un parachute : transport de courrier, ravitaillement. Pour réduire la taille et le coût des fusées nécessaires, il envisage d'assister leur lancement par un canon (à l'aide d'une charge de poudre ou d'air comprimée), une idée qui depuis est revenue plusieurs fois et pourrait se concrétiser un jour grâce aux catapultes électromagnétiques.

Les Américains réquisitionnenent ses brevets pendant la guerre, mais il est ensuite indemnisé. Après-guerre, il travaille en optique et met au point un appareil permettant de visualiser des documents opaques et de les agrandir. Mort en 1969, il est extrêmement peu connu de nos jours en regard de l'importance de son apport.

Robert Hutchtings Goddard

Robert Hutchtings Goddard Nationalité : Américain
Dates : 1882-1945
Apport : Premières fusées à ergols liquides, diverses travaux théoriques et expérimentaux

Né dans le Massachusetts, Goddard étudie la technologie et la physique, obtenant un doctorat en 1911. Il enseigne ensuite dans une université de Worcester. Ses premiers travaux sur les fusées consiste à briser la croyance selon laquelle les fusées avaient besoin de l'air comme appui. Il montre (par la théorie, puis l'expérience) qu'il n'en n'est rien, et qu'elles volent même mieux dans le vide.

Après la publication de ses travaux en 1916, il est subventionné par la Smithsonian Institution, organisme de recherche météorologique qui voit à juste titre dans les fusées un moyen d'améliorer la connaissance de la haute atmosphère. Après avoir testé à partir de 1907 des fusées à poudre, il reprend les travaux de Tsiolkovsky et s'intéresse, sur le papier dans un premier temps, aux fusées à ergols liquides, et à plusieurs étages.

En 1917, dans le cadre de l'effort de guerre américain, une équipe lui est confiée pour étudier des fusées à ergols solide qui donneront, bien plus tard, naissance au bazooka. Après-guerre, étudiant les ergols possibles, il comprend que si le couple hydrogène-oxygène est théoriquement le plus performant, la technologie alors disponible ne permet pas de manipuler l'hydrogène liquide dans des conditions satisfaisantes, surtout du point de vue de la sécurité, et se contente du kérosène comme carburant. Dès 1920, il imagine de lancer une fusée sur la Lune, avec une charge éclairante à poudre permettant de vérifier l'impact depuis la Terre. Il envisage aussi un voyage vers Mars employant les propulsions ionique et solaire-thermique!

C'est donc la combinaison kérosène-oxygène liquide qui est employée sur la première fusée de Goddard, que l'on voit sur la très célèbre photo ci-contre. Le support est constitué de conduites d'eau, le moteur est placé en haut pour assurer la stabilité, les ergols sont fournis par pression. Les tests au sol ont lieu à partir de décembre 1925, et le premier vol se déroule le 16 Mars 1925. Le moteur ne fonctionne que pendant deux secondes et demi, et l'apogée n'est que de 12.5 mètres. Ce tir est néanmoins le détonateur qui accélère le développement des fusées, après des siècles de progrès lents : 31 ans plus tard, le premier satellite est lancé.

Goddard n'en reste pas là, et améliore régulièrement ses modèles. En 1929, une de ses fusées emporte une charge scientifique (un appareil photo, un baromètre, un thermomètre). Grâce à Lindbergh, il obtient l'appui financier de la fondation Guggenheim. Dans les années trente, ses fusées gagnent en taille et en puissance. En 1929, La Goddard 4 pèse 40 kg et atteint une apogée de 610 mètres. Les fusées suivantes introduisent successivement le refroidissement de la tuyère par le passage d'un des ergols (en l'espèce l'oxygène) qui dans le même temps préchauffe l'ergol et est encore employé aujourd'hui, le guidage par gyroscope associé au pilotage par vannes déviant le flux sortant de la tuyère et d'autres innovations. En 1935, une fusée de Goddard franchit le mur du son et atteind une altitude de 2500 mètres.

Les recherches de Goddard n'avaient alors aucun retard sur celles de Von Braun, et un soutien gouvernemental suffisant aurait permi d'arriver au stade d'une fusée équivalente à la V2 en même temps que les allemands, voire avant. Mais les autorités américains n'accordèrent que fort peu d'intérêt à ces recherches. Ainsi Goddard, durant la seconde guerre mondiale, fut seulement chargé d'étudier des moteurs-fusées fournissant une poussée d'appoint au décollage des hydravions.

Mort le 10 Août 1945, trop tôt pour voir les application de ses inventions après-guerre; Robert H. Goddard est le plus connu des pionniers de l'astronautique, souvent présenté au grand public comme "l'inventeur de la fusée", ce qui est tout de même assez simpliste. surtout aux états-Unis où on ne compte plus les lieux et institutions qui portent son nom, à commencer par lt de même assez simpliste. surtout aux états-Unis où on ne compte plus les lieux et institutions qui portent son nom, à commencer par le Goddard Space Flight Center. Depuis 1959, La "médaille Goddard" récompense les innovations dans le domaine astronautique.

Pedro Paulet

Pedro Paulet Nationalité : Péruvien
Dates : 1874-1945
Apport : moteur de fusée à ergols liquide

Pedro Paulet né le 2 Juillet 1874, à Tiabaya, au sud-ouest du Pérou. Passionné dès l'enfance par l'Espace, il s'intéresse aux feux d'artifice est est convaincu de la possibilité d'améliorer fortement leur principe.

Il étudie dans un collège de lazaristes français puis à l'université d'Arequipa. Ses résultats lui valent une bourse lui permettant de poursuivre ses études de technologie et d'architecture à la Sorbonne. Il suit les cours de chimie du pr. Bertholot, et acquière la conviction que le carburant liquide serait la meilleure solution pour accroître les performances des fusées, surtout s'agissant de la possibilité de fonctionnement long..

Paulet met en pratique cette idée et teste à Paris, en 1900, un moteur-fusée. Il en dépose le brevet. Il peut donc être légitimement considéré comme l'inventeur de ce mode de propulsion. Les ergols (essence et acide nitrique) sont introduits sous pression dans le moteur, dont la chambre de combustion et la tuyère sont taillées dans un seul bloc. La poussée, mesurée par un dynamomètre, atteint un kilonewton.

Au cours des années suivantes, il expérimente la girándula. Il s'agit d'une roue à rayons sur laquelle sont montées trois fusées à ergols liquides alimentées par des tuyaux radiaux (la force centrifuge entraînant les ergols). L'allumage est électrique (des bougies semblables à celles d'un moteur de voiture). La girándula, sorte d'éolipile moderne, devait servir de moteur industriel. Une explosion accidentelle pendant ces essais vaut à Paulet la perte de son oreille gauche, et quelques ennuis avec la police (à cette époque, le terrorisme anarchiste était omniprésent, il fut donc soupçonné de fabriquer des explosifs pour des attentats).

Pedro Paulet s'intéresse ensuite à "l'avion-torpille", un drôle d'engin pour le voyage lunaire constitué d'une capsule sphérique entourée d'une voilure triangulaire garnie de nombreux moteurs-fusées. L'aile (avec les moteurs) pivotait pour voler verticalement, horizontalement ou en diagonale. Il s'agit d'un des plus anciens concepts de véhicule spatial mû par fusées. Il rejette l'offre financière d'Henry Ford qui vouait acheter son invention pour l'adapter sur des voitures.

Il s'éloigne ensuite du travail sur les fusées (sans l'arrêter totalement) et, à la demande du gouvernement, fonde l'école péruvienne des arts et métiers, instaurant ainsi l'éducation technique supérieure dans ce pays. Il organise ensuite l'industrie de l'aéronautique. Dans les années 20 et trente, il occupe différents postes diplomatiques auprès de la France, de la Belgique et du Japon. Parallèlement, il publie différents articles. Dans l'un d'eux, il comprend l'intérêt de l'énergie nucléaire pour la propulsion spatiale (grâce au stockage d'énergie par unité de masse absolument faramineux qu'elle offre) mai n'envisage pas de moyen concret de l'utiliser. Il décède en 1945.

Si son nom est peu connu du grand public, Pedro Paulet est reconnu dans le petit monde de l'astronautique comme un ingénieur de tout premier plan, ainsi Von Braun dans Histoire de la fuséologie et des voyages spatiaux lui rend hommage. Au Pérou, il est considéré comme l'une des plus grande personnalités de l'histoire du pays et l'anniversaire de sa naissance, le 2 juillet, est journée nationale de l'aéronautique et de l'espace.

Auteur : Cyril Meynier

Copie autorisée

Version originale : http://membres.lycos.fr/meynier/portraits.htm

Date de mise en ligne : 2002-10-31

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