Dernière mise à jour :2008-10-02

arts et culture

Autoportrait - Vincent Van Gogh
Autoportrait
Paris, printemps 1887
Huile sur carton 42 x 33,5 cm
Chicago, The Art Institute of Chicago

Vincent (Willem) Van Gogh est né le 30 mars 1853 à Groot Zundert, village du Brabant (Pays-Bas) où son père exerçait la fonction de pasteur. Il est l’aîné de six enfants bien que précédé d’un garçon mort-né auquel ses parents avaient donné le même prénom.

Entre 1861 et 1864, Vincent fait ses études à l’école de Zundert. En 1864 il, entre à la pension de Zevenbergen. Là, il apprend plusieurs langues et s’exerce au dessin. À l’âge de 13 ans, il est inscrit à la pension de Tilburg, puis, à 16 ans, il interrompt ses études pour se mettre à travailler. Grâce à l’un de ses oncles il obtient un poste de vendeur dans une galerie de La Haye, une succursale de la firme parisienne Goupil, où il vend des reproductions d’œuvres d’art.

Son oncle recommande ensuite son transfert à Bruxelles en 1873, puis en mai de la même année, à Londres. Là, il exécute ses premiers dessins qu’il détruit ensuite. Il y subit aussi son premier échec amoureux avec la fille de sa logeuse.

En novembre, son frère Théo (celui avec lequel il sera le proche) est envoyé à son tour à la galerie de La Haye.

En mai 1875, Vincent est finalement envoyé à Paris, au siège de la maison Goupil. Il y découvre le Louvre, ainsi que l’œuvre de Corot et de Millet. Il se désintéresse de plus en plus de son travail et en 1876, il remet sa démission.

Il se rend ensuite à Ramsgate en Angleterre où il travail comme aide-instructeur, puis, il devient aide-prédicateur et instituteur dans un faubourg de Londres. Sa confrontation à la misère lui fait envisager de devenir pasteur.

Au mois de mai 1877, son père étant convaincu de la vocation religieuse de son fils, le laisse partir pour Amsterdam où il se prépare aux examens d’entré à la faculté de théologie. Les études lui semblent cependant très ardues alors il fini par y renoncer. Il effectue ensuite (en 1878) un stage à l’école préparatoire évangéliste de Bruxelles qui se révèle encore une fois un essai infructueux. Finalement, durant cette même année, il se rend au Borimage, région minière de la Belgique. Là, il vit dans une grande pauvreté, visite les malades et lit la Bible aux mineurs. Durant toute cette période il accompagne les mineurs au fond de la mine. Son excès de zèle déplait à ses supérieurs et son engagement n’est pas renouvelé.

Il vie ensuite une période de crise durant laquelle il ère et dort dans des granges. À ce moment, il cesse sa correspondance avec Théo.

Bien que ce dernier échec l’ait laissé au bord du désespoir, il lui permet par contre d’enfin découvrir sa véritable vocation en le ramenant à pratiquer le dessin. À partir du mois d’août 1880, il vit de l’argent que lui envoi Théo, celui-ci étant maintenant au siège de la maison Goupil à Paris.

À cette époque, il mentionne à son frère : «Je ne saurais te dire à quel point je suis heureux d’avoir repris le dessin. Depuis longtemps déjà, cela me préoccupait.». Il se rend ensuite à Bruxelles en octobre de la même année, où il entre à l’académie des Beaux-Arts. Il reste à Bruxelles jusqu’en avril 1881, puis il rentre à Etten.

Au mois d’août, il tombe en amour avec sa cousine, Kee Vos, la fille du pasteur Stricker, veuve avec un enfant, venue en visite à Etten. Elle le repousse et retourne plus tôt que prévu à Amsterdam.

Il entre aussi en conflit avec son père au sujet de sa carrière artistique ainsi que par son insistance à l’égard de Kee. Celui-ci finit par le chasser de la maison familiale.

En novembre, il s’installe à La Haye où il commence à rassembler des illustrations dans les revues The Graphic ou Illustrated London News. Il prend aussi des leçons de son cousin par alliance, Anton Mauve. Il pratique l’aquarelle et étudie la perspective. Il peint aussi ses premiers tableaux : des natures mortes. Puis, en décembre, il se querelle avec Mauve. Les relations qu’il entretient avec d’autres peintres sont aussi très difficiles.

En janvier 1882, il fait la connaissance d’une prostitué enceinte, Sien Hoornik, la recueille chez lui et la fait travailler comme modèle. Au cours de la même année, son oncle Cornelius lui commande des dessins représentant des vues de la ville. En août, Théo lui fait parvenir le matériel nécessaire à la peinture à l’huile. Il peint surtout des paysages.

En septembre 1883, il prend la décision de se séparer de Sien puis, part pour Drenthe, dans l’Est des Pays-Bas où il s’acharne à accomplir sa destinée de peintre, seul remède qu’il ait trouvé pour oublier sa peine d’avoir perdu Sien.

En décembre, il décide de retourner dans sa famille, installée depuis peu à Nuenen où son père y est devenu pasteur. Il y reste jusqu’en novembre 1885. Durant ces deux années, il peint environ 200 toiles à la palette sombre, notamment des portraits de paysans, des tisserands ainsi que des paysages. Parmi celles-ci, on peut noter «Les mangeurs de pommes de terre, avril 1885». Bien que, techniquement, l’œuvre fait encore preuve de maladresse, elle démontre bien ses idéaux.

Les mangeurs de pommes de terre - Vincent Van Gogh
Les mangeurs de pommes de terre
Nuenen, avril 1885
Huile sur toile sur bois 72 x 93 cm
Otterlo, Rijksmuseum Kröller-Müller

En août 1884 il s’éprend de Margot Begeman, une voisine, mais leur relation est contrecarrée par leur famille respective. Margot tente de se suicider.

Entre octobre et novembre 1884, Vincent reçoit la visite du peintre Van Rappard avec lequel il s’était lié d’amitié en novembre 1880. Il donne aussi des leçons de peinture à un employé de chemin de fer, un fils d’imprimeur et un tanneur.

Son père meurt subitement d’une apoplexie le 26 mars 1885.

En octobre 1885, il passe trois jours à Amsterdam où il étudie plus particulièrement Frans Hals. Il fait ensuite un séjour à Anvers, entre novembre 1885 et février 1886 où il étudie les œuvres de Rubens et découvre les estampes japonaises. Il en recouvre sa chambre situé sur la rue des Images.

Il s’inscrit à l’école des Beaux-Art et fréquente les classes de peinture et de dessin mais son intolérance face à la structure académique engendre à nouveau des différents.

En 1886, il se rend à Paris. Il y retrouve son frère Théo au Salon Carré du Louvre. Il n’avait alors pas revu celui-ci depuis 10 ans.

De mars à juin, il fréquente l’atelier de Cormon. Il y rencontre Toulouse-Lautrec, émile Bernard et Anquetin. Par l’intermédiaire de Théo avec lequel il loge rue Laval, il fait la connaissance de plusieurs peintres comme Seurat, Pissaro, Monet, Renoir ainsi que Gauguin.

Son œuvre se modifie alors. On note un changement de sa palette dans ses natures mortes. Par exemple, l’admiration qu’il porte envers le Marseillais Monticelli, mort en 1886, l’amène à éclaircir son coloris pour peindre des tableaux de fleurs aux nuances rares. Peu à peu, ses compositions acquièrent plus d’aisance sous l’influence des estampes japonaises.

En mai, sa mère quitte Nuenen. Toutes les toiles qu’il y avait laissé sont achetées par un brocanteur qui en vend certaines et brûle les autres.

Au début de l’année 1887, les relations entre Vincent et son frère deviennent de plus en plus tendues. Théo écrit à sa sœur : «L’appartement est presque insupportable… C’est comme si il y avait deux être en lui…». En janvier, il fait la connaissance du père Tanguy, un marchand de couleur.

Entre janvier et mars, il organise deux expositions au cabaret Le Tambourin avec Bernard, Gauguin et Toulouse-Lautrec. Pour se distinguer des peintres du «Grand Boulevard» comme Monet, Pissaro ou Degas, ceux-ci se baptisent les peintres du Petit Boulevard.

De mai à juillet, il fait des promenades à Asnières pour aller peindre, parfois en compagnie de Signac. En travaillant avec celui-ci, sa palette s’enrichie davantage de couleurs vives et sa touche s’anime.

En février 1888, stimulé par les descriptions que Toulouse-Lautrec lui a fait du Midi, il quitte Paris pour se rendre à Arles. Il y loue une chambre au Café de l’Alcazar, place Lamartine.

En mars, il rêve d’une communauté d’artistes et écrit à Gauguin pour lui proposer une association de peintres. Deux de ses paysages sont exposés au salon des Indépendants à Paris. En mai, il loue deux pièces dans la Maison Jaune située place Lamartine. C’est à cet endroit qu’il désire réaliser son rêve de communauté. Il demande à Gauguin de venir travailler avec lui.

Il se lie d’amitié avec le lieutenant Millet auquel il donne des cours de dessin. Ils vont ensemble dans la campagne faire des croquis.

En juin, après un voyage aux Saintes-Maries-de-la-mer, naissent ses premières toiles de barques. Il écrit : «Maintenant que j’ai vu la mer ici, je suis absolument convaincu de la nécessité de rester dans le Midi et d’exagérer, de forcer la couleur…». C’est aussi en juin qu’il fait le semeur. Puis, en août, il fait la connaissance du facteur, Joseph Roulin dont il fait le portrait. Par l’intermédiaire de Millet, il envoie 35 toiles à Théo.

En septembre, grâce à l’argent d’un héritage reçu par Théo, il achète des meubles pour la Maison Jaune et s’y installe. Le 23 octobre, Gauguin arrive à Arles. En décembre, ils visites le musée de Montpellier.

Théo lui annonce ses fiançailles avec Johanne Bonger.

À la mi-décembre, les relations entre Vincent et Gauguin commencent à se détériorer. Le 23 décembre, après une violente querelle, Vincent menace Gauguin avec un rasoir. Celui-ci prend la fuite et se loue une chambre à l’hôtel. Vincent, pour s’auto-punir se coupe la partie inférieure de l’oreille gauche. Il l’enveloppe dans du papier et va la porter à Rachel, une prostitué. Joseph Roulin l’aide à rentrer chez lui. Le lendemain, la police l’emmène à l’hôpital. Gauguin est arrêté mais relâché immédiatement. Le 25 décembre, Théo arrive alerté par un télégramme de Gauguin qui repart avec lui quelques jours plus tard. Les médecins avancent plusieurs causes de la maladie de Vincent : épilepsie, schizophrénie…

Le 7 janvier 1889, il reçoit son congé de l’hôpital. Il peint ses deux autoportrait à l’oreille coupée.

En février, les habitants de Arles font circuler une pétition pour qu’il soit à nouveau interné. Celle-ci reçoit 30 signatures. À la mi-mars, il est réinterné.

Le 17 avril, Théo épouse Jo Bonger, la sœur d’un ami. Vincent reprend la peinture et envoie deux caisses de ses principaux tableaux à Théo. Durant cette période, il est hanté par l’idée du suicide. Il parle de s’engager dans la légion étrangère. À la fin avril, il écrit à sa sœur Wil qu’il a eu plusieurs crises au court desquelles il ne savait même plus se qu’il disait et faisait.

Au mois de mai, conscient du mal qui le ronge, il prend lui-même la décision de se faire soigner à l’asile de Saint-Paul-de-Mausole, à Saint-Rémy. Théo lui paie deux chambres dont l’une lui sert d’atelier. En juin, il peint plusieurs paysages ainsi que «La nuit étoilée».

La nuit étoilée - Vincent Van Gogh
La nuit étoilée
Saint-Rémy, juin 1889
Huile sur toile 73,7 x 92,1 cm
New-York, The Metropolitan Museum of Art

Durant l’été et l’automne 1890 ainsi que durant l’hivers 1891, il fait plusieurs crises, dont l’une très violente durant laquelle il perdra connaissance. Malgré tout, il réussira à peindre 150 toiles et réaliser environ 100 dessins durant son passage à Saint-Rémy. Parmi ces toiles, on trouve «Le Ravin» ou encore, «Branche d’amandier en fleur», toile qu’il dédie à son neveu (Vincent Willem Van Gogh), fils de Théo et Jo, né le 31 janvier 1891.

Branche d’amandier en fleur - Vincent Van Gogh
Branche d’amandier en fleur
Saint-Rémy, février 1891
Huile sur toile 73,5 x 92 cm
Amsterdam, Rijksmuseum Vincent Van Gogh, Fondation Vincent Van Gogh

Durant ce même mois, paraît dans le Mercure de France, un article écrit par le poète Albert Aurier et consacré à Vincent.

En mars, Théo l’informe que «La vigne rouge» a été acheté pour 400 francs par Anne Boch à Bruxelles, à l’exposition «Les XX».

Le 16 mai, il quitte Saint-Rémy et se rend à Paris chez son frère. Après y avoir fait un court séjour, il se rend à Auvers-sur-Oise. Théo choisit ce village en raison de la présence du docteur Gachet, amateur de peinture, qui est d’accord pour s’occuper de Vincent. Il loue une chambre au Café Ravoux. Encore une fois, on met à sa disposition une seconde chambre pour peindre.

Il peint deux portraits du docteur Gachet. Celui-ci admire l’art de Vincent et devient son ami.

Portrait du Dr Gachet - Vincent Van Gogh
Portrait du Dr Gachet
Auvers-sur-Oise, juin 1890
Huile sur toile 68 x 57 cm
Paris, Musée d' Orsay

En début juillet, il se rend à Paris, voir Théo. Il apprends que celui-ci prévoit rentrer en Hollande. Il déjeune avec Toulouse-Lautrec. Il rentre ensuite à Auvers, préoccupé. Il se met à peindre des toiles présentant des champs sous un ciel orageux comme par exemple, «Champ de blé aux corbeaux».

Durant son séjour à Auvers-sur-Oise, il peint environ 70 toiles et fait quelques dessins.

L’après-midi du 27 juillet, il sort et s’égare dans les champs où il se tire une balle dans la poitrine. Il revient ensuite au café et retourne dans sa chambre. Le docteur Gachet le soigne et prévient Théo. Celui-ci se précipite à Auvers. Vincent meurt finalement le 29 durant la nuit. Il est inhumé le lendemain au cimetière d’Auvers.

Auteur : Sylvain Bilodeau

Date de mise en ligne : 2003-08-14

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