Dernière mise à jour :2008-08-29

arts et culture

Edvard Munch
12 décembre 1863 – 23 janvier 1944

Munch est né le 12 décembre 1863 à Løten en Norvège. Il est le deuxième des cinq enfants du Dr Christian Munch (médecin militaire) et de Laura Catherine Bjølstad. L’année suivant sa naissance, la famille s’installe à Christiania (maintenant Oslo). En 1868, sa mère meurt, victime de la tuberculose. Depuis cette date, une pénible atmosphère pèse sur leur maison. Leur père s’enlise alors progressivement dans l’obsession religieuse.

En 1877, sa sœur aînée, Sophie, meurt à son tour de la tuberculose. Edvard est témoin de son agonie.

Edvard Munch - La jeune fille malade
La jeune fille malade
1885 – 1886

En 1879, il débute des études d’ingénieur à l’école technique d’Oslo. Il abandonne celles-ci l’année suivante avec l’intention de devenir peintre. Le 8 novembre 1880, il note dans son journal : «Je suis maintenant décidé à devenir peintre.». En 1881, il s’inscrit à l’école d’Arts et de dessin d’Oslo sous la direction du sculpteur Julius Middlethun. Il se tourne peu à peu vers la peinture.

En 1882, il est déjà reconnu comme un élève particulièrement doué. À cette époque, il suit l’enseignement du peintre Christian Krohg et de Frits Thaulow. L’année suivante, il expose pour la première fois au Salon des Arts décoratifs et participe à une première exposition de groupe à Oslo.

En 1885, grâce à une bourse accordée par Frits Thaulow, il se rend à Anvers où il participe à l’exposition universelle des Beaux-Arts. En mai de la même année, il passe trois semaines à Paris où il visite le Louvre.

Son père meurt en 1889. La même année, il obtient une bourse d’état qui lui permet de retourner en France. À Paris, il suit des cours à l’atelier de Léon Bonnat. Il expose une toile à l’exposition universelle de Paris.

En 1892, sur recommandation du norvégien Adelsteen Normann, l’Association conservatrice des artistes berlinois invite le jeune Munch à organiser lui-même son exposition dans la «Maison des architectes». L’hostilité de la critique et du public est si grande qu’on ferme les portes de l’exposition sept jours suivant son inauguration. C’est le scandale de l’« affaire Munch » qui rendra célèbre l’artiste.

En 1893, Munch entreprend une série de tableaux qui comprend la Voix, Cendres, le Cri, Anxiété qu’il présentera en 1902 à la Sécession de Berlin sous le titre de Frise de la vie. Ces tableaux symboliques traduisent ses obsessions : la douleur, l’amour, la mort. Le Cri, peint en 1893 est sans doute l’une des toiles qui ont été reproduites le plus souvent dans l’histoire de l’Art.

Edvard Munch - Le Cri
Le Cri
1893

Munch écrit ceci à propos de la Frise : «Cette frise est conçue comme une suite de tableaux de même nature qui, formant un tout, donneront une image de la vie. L’interminable ligne du rivage derrière laquelle écume la mer éternellement mouvante, parcourt la frise de bout en bout; sous les arbres respire la vie multiple avec ses peines et ses joies. La frise est ressentie comme un poème de la vie, de l’amour et de la mort.» Il ajoute aussi : «Les peintres doivent peindre des hommes qui respirent, s’émeuvent et s’aiment.».

En 1895, son frère Andreas meurt. Munch est persuadé que tous les membres de sa famille sont prédestinés à disparaître avant lui.

En 1897, il expose dix toiles de la Frise de la vie au Salon des indépendants. Il passe l’été à Asgardstrand où il achète une maison. Il rencontre Tulla Larsen. Celle-ci tombe éperdument amoureuse de lui au point qu’elle lui demande de l’épouser. Munch s’y refuse par contre obstinément pour la raison disait-il, qu’elle était beaucoup plus fortuné que lui.

En 1908, l’anxiété de Munch s’intensifie à un tel point qu’il est hospitalisé à la clinique neurologique du Dr Daniel Jacobson à Copenhague. De cette hospitalisation, il laisse quelques œuvres. Sur une caricature, il s’est représenté assis près d’une table sur laquelle il y a deux appareils électriques. Une infirmière passe au professeur Jacobson un fil connecté à ces appareils. Jacobson, à son tour, en applique l’extrémité sur la tête de Munch. Il écrit à ce sujet : «Le professeur Jacobson électrifie le fameux peintre Munch et apporte une force positive masculine et une force négative féminine à son fragile cerveau.».

Le choc qu’il reçoit dans cet hôpital change complètement sa personnalité. Lorsqu’il retourne en Norvège en 1909 (à Skrubben à côté de Kragero), il démontre plus d’intérêt pour la nature et ses travaux deviennent plus colorés et moins pessimistes. Il commence à travailler sur un projet de décoration murale pour la salle des fêtes de l’université de Oslo. Le projet sera accepté en 1914 et inauguré par la suite.

En 1916, il achète une propriété à Ekely, près de Oslo. En 1926, sa sœur Laura meurt.

En 1928, il travaille à un projet de décoration murale pour la grande salle de l’Hôtel de Ville d’Oslo, mais celui-ci ne sera jamais réalisé. Il construit un atelier à Ekely.

Durant la période Nazi, les travaux de Munch sont étiquetés comme étant de «l’art dégénéré» et 82 oeuvres sont retirées des musées allemands pour être vendues en Norvège. Ceci blesse profondément l’ « antifasciste » Munch qui considérait l’Allemagne comme son second pays.

Durant l’occupation allemande, il mène une vie solitaire et retirée dans son domaine d’Ekely. Il meurt le 23 janvier 1944 après avoir légué la totalité de ses œuvres à la ville d’Oslo.

Auteur : Sylvain Bilodeau

Date de mise en ligne : 2004-12-02

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